Des migrants marchent dans les rues de Calais, en octobre 2019. Crédit: Mehdi Chebil
Des migrants marchent dans les rues de Calais, en octobre 2019. Crédit: Mehdi Chebil

Treize associations présentes à Calais auprès des personnes migrantes ont annoncé vendredi avoir saisi la Défenseure des droits, ainsi que sept rapporteurs spéciaux des Nations unies relatifs aux droits humains, pour les "alerter sur les conditions de vie inhumaines" des réfugiés.

À Calais, les évacuations de campements s'enchainent et la répression policière envers les personnes migrantes s’est accentuée depuis l’arrivée de Gérald Darmanin au ministère de l’Intérieur, accusent les associations de défense des droits humains présentes sur place.

Pour tenter de se faire entendre, treize d’entre elles – dont l'Auberge des Migrants, Médecins du Monde et le Secours Catholique – ont saisi, vendredi 14 août, la Défenseure des droits Claire Hédon, dont le mandat vient de débuter, ainsi que sept rapporteurs spéciaux des Nations unies relatifs aux droits humains.

L’objectif est de les alerter "sur les conditions de vie inhumaines" des réfugiés et de les inciter "à dénoncer les exactions récurrentes commises par les pouvoirs publics et à intervenir auprès d'eux afin de les faire enfin cesser", ont écrit les associations dans un communiqué.

Si les conditions dans lesquelles vivent les personnes exilées sont "indignes depuis longtemps", force est de constater que "depuis la fin de l'état d'urgence sanitaire" (dû à l'épidémie de Covid-19) et "la nomination de Gérald Darmanin à la tête du ministère de l'intérieur", la situation des exilés à Calais "n'a fait que se détériorer", précisent-elles.

En cause, les "évacuations" brutales de plusieurs campements ensuite "grillagés", et la "réduction dramatique des services vitaux que sont les distributions alimentaires, l'accès aux douches ou encore aux points d'eau".

Violation de droits

S'appuyant sur "65 témoignages" partagés entre le 10 juillet et le 12 août par des personnes exilées, des membres d'associations et des habitants", les associations dénoncent "les violations du droit à l'eau", "à l'assainissement", "à la santé" ainsi "qu'à l'alimentation".

Elles rapportent  le témoignage d'une personne exilée présente à Calais : "J'ai faim et soif tous les jours. J'ai froid toutes les nuits. Je me sens très faible physiquement. L'un de mes amis est tombé très malade à cause de la situation. Pendant 3 jours, il avait des vertiges, il avait chaud puis froid et il tremblait sans arrêt’".

Dans cette saisine, les associations alertent également sur "les évacuations forcées", "les expulsions croissantes de terrains où survivent les personnes exilées" ainsi que sur "les violences physiques, les confiscations d'effets personnels et les interpellations qui en découlent". La dernière évacuation remonte au 30 juillet, visant alors un campement de plusieurs centaines de personnes près de la zone industrielle des Dunes à Calais.

En 2017, le Défenseur des droits Jacques Toubon s'était déjà inquiété d'atteintes aux droits "d'une exceptionnelle et inédite gravité" à Calais, où les pouvoirs publics empêchent toute réinstallation de campement.

 

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