Des migrants viennent récupérer de la nourriture auprès des associations qui font des maraudes à Vintimille. Crédit : Mehdi Chebil (archives)
Des migrants viennent récupérer de la nourriture auprès des associations qui font des maraudes à Vintimille. Crédit : Mehdi Chebil (archives)

La situation humanitaire s’est fortement dégradée à la frontière franco-italienne depuis la fermeture du camp de la Croix-Rouge situé à Vintimille. Le nombre de personnes refoulées chaque jour côté français est "en augmentation progressive".

La situation s’aggrave dans les environs de Vintimille, à la frontière franco-italienne. Un collectif d'ONG, dont Médecins du Monde, a demandé lundi 17 août l'ouverture de centres de transit pour les migrants.

Depuis le démantèlement début août du camp géré par la Croix-Rouge à Vintimille, des centaines de migrants dorment dans les rues de cette ville italienne, proche de Menton, en France, selon les ONG et la mairie de Vintimille.

Initié par l'association Roya Citoyenne, qui regroupe des habitants de cette région frontalière, et signé, entre autres, par les associations humanitaires et caritatives Médecins du Monde, Emmaüs et la Cimade Alpes-Maritimes, cet appel plaide pour la création d'un "centre d'accueil de transit décent de part et d'autre de la frontière".

"Les migrants ont essayé de se réinstaller sur les berges de la Roya (le fleuve qui se jette à Vintimille, NDLR) et sont pourchassés en permanence par les forces de l'ordre italiennes", témoigne Teresa Maffeis, de l'association niçoise ADN, qui apporte vivres et vêtements à ces personnes depuis cinq ans.

Refoulements "en augmentation progressive"

Selon la préfecture des Alpes-Maritimes interrogée il y a dix jours par l'AFP, depuis mai, le nombre de personnes refoulées chaque jour est "en augmentation progressive". La plupart des personnes sont interpellées dans le train et renvoyées en Italie.

Par ailleurs, les ONG demandent "la prise en compte immédiate de la déclaration de demande d'asile par les forces de police (françaises) à la frontière, avant la direction vers une plate-forme d'accueil de demandeurs d'asile".

Début juillet, le Conseil d'État avait épinglé la position française après qu'en mai, une Centrafricaine interpellée avec son fils de 5 ans, récemment opéré, avait été renvoyée par les autorités françaises bien qu'elle présentait une demande d'asile. "Les services de la police aux frontières étaient tenus d'enregistrer cette demande", avait souligné la juridiction administrative le 8 juillet.

La France et l'Italie ont annoncé le 31 juillet la création d'une brigade mixte à leur frontière pour renforcer la coopération dans la gestion des mouvements migratoires.

 

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