Le ministre italien des Affaires étrangères, Luigi Di Maio, le 16 juin 2020 en Suisse. Crédit : Reuters
Le ministre italien des Affaires étrangères, Luigi Di Maio, le 16 juin 2020 en Suisse. Crédit : Reuters

Le ministre transalpin des Affaires étrangères a indiqué lundi à Tunis qu'"il [n'était] pas question de laisser en Italie ceux qui arrivent d'une façon illégale". Les migrant venus de Tunisie, qui représentent près de la moitié des arrivées illégales sur le territoire italien ces douze derniers mois, sont dans le collimateur de Rome.

Il n'y aura plus de place pour les migrants illégaux en Italie. C'est ce qu'a annoncé, lundi 17 août, le ministre italien des Affaires étrangères, Luigi Di Maio, lors d'une visite à Tunis.

À l'issue d'un entretien avec le président tunisien Kaïs Saïed, le ministre a indiqué que son pays était "prêt à présenter toutes les aides nécessaires à la Tunisie" pour lutter contre l'immigration clandestine.

Pour le chef de la diplomatie italienne, dont le pays a commencé à refouler le 10 août des migrants tunisiens illégaux, il s'agit de rappeler la position ferme de l'Italie.

"Il n'est pas question de laisser en Italie ceux qui arrivent d'une façon illégale", a lancé Luigi Di Maio, accompagné au cours de cette visite par la ministre italienne de l'Intérieur, Luciana Lamorgese, le commissaire européen à l'Élargissement, Oliver Varhelyi, et la commissaire européenne aux affaires intérieures, Ylva Johansson.

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Ce déplacement officiel survient alors que Luciana Lamorgese a affirmé samedi que les arrivées de migrants en Italie ont augmenté de près de 150 % au cours des 12 derniers mois. D'après Rome, près de la majorité de ces arrivants viennent de Tunisie. La plupart d'entre eux accostent sur l'île de Lampedusa.

"Création d'emplois surtout dans les régions de l'intérieur"

Afin de contrer ce flux migratoire, Luigi di Maio a évoqué des négociations entre l'Italie et la Tunisie, "pour trouver des formules de coopération bilatérale". La délégation italienne a notamment exprimé son "soutien politique et économique" à la Tunisie, "pour renforcer les efforts nationaux (...) à travers l'encouragement de l'investissement et la création des postes d'emploi surtout dans les régions de l'intérieur", a indiqué un communiqué de la présidence de la République tunisienne.

Oliver Varhelyi a par ailleurs annoncé sur son compte Twitter une aide de 10 millions de dollars pour soutenir la Tunisie dans la gestion de ses frontières.

De son côté, le président Kaïs Saïed a affirmé de nouveau que "les solutions sécuritaires ne permettent pas à elles seules de lutter contre l'immigration non-organisée".

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Entre le 1er août 2019 au 31 juillet 2020, 21 618 migrants sont arrivés sur les côtes italiennes, contre 8 691 l'année précédente, selon des données présentées par Luciana Lamorgese samedi à Milan.

"Les chiffres ne sont pas très hauts. Ils sont certainement plus importants que ceux de l'année dernière mais il faut les remettre dans le contexte : la Tunisie connaît une profonde crise économique, sociale et politique", a affirmé Luciana Lamorgese. "Nous voyons des familles entières quitter [ce pays] pour atteindre le territoire italien." Selon l'Institut national des statistiques, le taux de chômage a atteint 18 % en Tunisie.

 

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