Des migrants en provenance du Maroc traversent le détroit de Gibraltar vers Tarifa en Espagne, en juillet 2018. Image d'illustration. Crédit : REUTERS/Jon Nazca
Des migrants en provenance du Maroc traversent le détroit de Gibraltar vers Tarifa en Espagne, en juillet 2018. Image d'illustration. Crédit : REUTERS/Jon Nazca

La police espagnole a annoncé vendredi avoir démantelé deux réseaux de passeurs qui opéraient entre l'Espagne et la France. Ils sont soupçonnés d'avoir fait transiter plusieurs centaines de migrants africains vers l'Hexagone. Quinze personnes ont été arrêtées.

Nouveau coup de filet contre le trafic de migrants en Espagne : la police nationale a indiqué, vendredi 21 août, avoir démantelé deux réseaux de passeurs qui "auraient facilité l'entrée en France de plusieurs centaines de migrants illégaux", "d'origine africaine", tout en générant "d'importants bénéfices", peut-on lire dans un communiqué.

Au total, "15 personnes, dont les deux chefs, ont été arrêtées" à Madrid et dans plusieurs villes du nord comme Bilbao ou encore Irun, petite localité frontalière située à l'ouest des Pyrénées. Un véhicule, 3 000 euros d'argent liquide, 24 téléphones portables, du matériel informatique et divers documents ont été saisis.

Les deux organisations, qui coopéraient parfois entre elles, repéraient et approchaient principalement les migrants après leur arrivée en Espagne, une fois pris en charge par des ONG. Certains ont toutefois été contactés avant même leur départ des côtes marocaines, selon la police.

200 euros pour franchir la frontière franco-espagnole

Une fois en Espagne, "les deux organisations avaient établi divers itinéraires pour déplacer les immigrants des villes où ils étaient hébergés jusqu'à Irun". Ils passaient notamment par Madrid, Bilbao, Vitoria et Saint-Sébastien, "où des collaborateurs recevaient les migrants et leur fournissaient des billets" pour poursuivre leur périple.

À Irun, si les conditions étaient adéquates, les organisations procédaient immédiatement au transfert vers la France. Le cas échéant, les exilés étaient conduits au siège d'une ONG locale en attendant le bon moment. Pour traverser la frontière, les deux réseaux utilisaient des méthodes différentes : le premier transportait les migrants dans un véhicule de Irun à Bayonne en France. Le second, préférait recourir à des lignes de bus sur des plages horaires bien précises.

Le coût du passage vers la France s'élevait à environ 200 euros par personnes.

Les autorités espagnoles annoncent régulièrement des opérations de démantèlement du même genre. Fin mai, 11 passeurs présumés avaient ainsi été arrêtés, cette fois-ci dans le sud de l'Espagne. Ils opéraient par bateaux entre Oran, en Algérie, et Almeria en Andalousie.

 

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