Le Sea Watch 4 a porté secours à plus de 200 migrants au large de la Libye en moins de 48 heures. Crédit : Sea-Watch
Le Sea Watch 4 a porté secours à plus de 200 migrants au large de la Libye en moins de 48 heures. Crédit : Sea-Watch

Plus de 200 migrants se trouvent désormais à bord du Sea Watch 4, qui a effectué trois sauvetages en moins de 48 heures. De nombreux migrants sauvés en mer souffrent d'hypothermie aiguë et de brûlures au carburant.

Seul navire humanitaire à sillonner actuellement la zone de détresse au large de la Libye, le Sea Watch 4 a procédé, lundi 24 août, à son troisième sauvetage en moins de 48 heures : une centaine de personnes ont été secourues et amenées à bord malgré la détérioration des conditions météo en mer Méditerranée, avec des vagues de plus de deux mètres qui compliquent largement la tâche des sauveteurs.

"Nous sommes heureux d'avoir désormais plus de 200 personnes à bord, mais pour ceux qui se sont noyés encore la semaine dernière, c'est trop tard", a réagi Philipp Hahn, chef des opérations sur le Sea Watch 4. "Ces trois sauvetages consécutifs montrent une fois encore la nécessité des navires humanitaires en Méditerranée (...) C'est aussi le symbole de l'échec de l'Union européenne qui laisse des personnes se noyer à sa frontière", a-t-il ajouté.

D'après Barbara Deck, coordinatrice médicale de Médecins sans frontières (MSF), à bord du Sea Watch 4, les derniers rescapés arrivés étaient particulièrement "faibles et désorientés", sentant également fortement l'essence et présentant des symptômes d'inhalation de carburant. "Plus de 90 personnes ont eu besoin de douches d'urgence pour avoir été exposé à l'essence utilisée pour le moteur de leur embarcation. Les fumées générées sont nocives et le carburant devient extrêmement corrosif lorsqu'il est mélangé à de l'eau salée", rappelle-t-elle.

L'équipe médicale de MSF à bord continue de surveiller l'évolution des brûlures, tout en suivant également plus de 30 patients victimes d'hypothermie aiguë. "Plus les gens restent longtemps en mer sans accès à la nourriture, à l'eau ou à un abri, plus le risque de complications sanitaires importantes est élevé. Et cela sans même considérer le risque de mort par noyade", commente Barbara Deck.

Les deux précédents sauvetages ont eu lieu les 22 et 23 août dans la même zone, au large du littoral libyen. Le premier a permis de porter assistance à sept personnes en difficulté sur une embarcation en fibre de verre, tandis que pour le second, quelques heures plus tard, ce sont 97 personnes entassées sur un bateau pneumatique qui ont été secourues, dont plusieurs dizaines de mineurs.

Plus de 300 morts en Méditerranée centrale

Après des mois de travaux de réhabilitation et plusieurs semaines de retard dû au coronavirus, le Sea Watch 4 a pris la mer le 15 août pour sa première mission au large de la Libye. Il était arrivé sur zone le week-end dernier, à peine quelques heures avant sa première opération de sauvetage. Avec ses 135 m² de pont ainsi que ses importantes infrastructures médicales et d'hébergement, il s'agit du plus grand navire de sauvetage en Méditerranée.

Le Sea Watch 3 et l'Ocean Viking de SOS Méditerranée sont, quant à eux, toujours immobilisés par la justice italienne qui invoque des manquements à la sécurité. Des pétitions circulent sur le net pour demander la libération des navires.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), au moins 300 migrants ont péri sur la route de la Méditerranée centrale depuis le début de l'année. La semaine dernière, quelque 45 personnes, dont 5 enfants, sont mortes noyées dans ce qui constitue le pire naufrage de l'année au large de la Libye.

 

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