Carmelo Lenzo/AFP | Sebastiano «Nello» Musumeci le 6 novembre 2017 à Catane.
Carmelo Lenzo/AFP | Sebastiano «Nello» Musumeci le 6 novembre 2017 à Catane.

Élu dans les rangs de la droite en 2017, Nello Musumeci, gouverneur de Sicile, demande que tous les centres d’accueil de migrants de la région soient vidés. Il est allé jusqu'à signer une ordonnance pour cela. Le gouvernement italien tente d'atténuer la polémique en transférant certaines personnes testées positives au coronavirus et en renforçant la sécurité sur l'île de Lampedusa. Mais les tensions persistent.

Avec notre correspondante à Rome, Anne Le Nir

Depuis le début de l'année 2020, 17 264 migrants sont arrivés en Sicile, en particulier à Lampedusa, contre 4 664 en 2019 sur la même période. La majeure partie d'entre eux viennent de Tunisie et débarquent par petits groupes. Sebastiano « Nello » Musumeci, gouverneur de la région, a signé une ordonnance imposant le transfert des migrants des centres d'accueil de l'île vers d'autres structures de la péninsule.

L'homme élu fin 2017 après une alliance entre droite et extrême droite savait qu'il ne pouvait s'agir que d'un acte symbole, le ministère de l'Intérieur étant le seul à pouvoir prendre une telle décision.

Nello Musumeci ne désarme pas

Mais l'initiative de Nello Musumeci, très médiatisée, commence à produire ses effets. À Pozzallo, 62 migrants contaminés au Covid-19 ont été transférés dans une autre région. À Lampedusa, où le « hot spot » est régulièrement surpeuplé, le gouvernement a envoyé des renforts militaires pour contrôler la situation.

Le bras de fer entre le gouverneur de Sicile et Rome se poursuit néanmoins. Nello Musumeci estime que sa région « ne peut plus être le lazaret de l'Italie ». En réalité, parmi les 7 000 migrants arrivés au cours des dernières semaines, selon les autorités sanitaires, seuls 3% ont été infecté par le coronavirus.

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Texte initialement publié sur : RFI

 

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