Des canots utilisés par les migrants pour tenter de traverser la Manche entreposés dans une gendarmerie française, le 20 août 2020. Credit : Reuters
Des canots utilisés par les migrants pour tenter de traverser la Manche entreposés dans une gendarmerie française, le 20 août 2020. Credit : Reuters

Abdulfatah Hamdallah, un migrant soudanais de 28 ans, a été retrouvé mort sur une plage du Pas-de-Calais le 19 août. Selon différents médias, le jeune homme avait tenté de traverser la Manche après avoir été débouté de sa demande d'asile en France.

Abdulfatah Hamdallah, 28 ans, Soudanais, est le premier migrant retrouvé mort sur le littoral du Nord-Pas-de-Calais cette année, après avoir tenté une traversée de la Manche. Mercredi 19 août, son corps sans vie a été découvert sur une plage de Sangatte, ville voisine de Calais, située à des milliers de kilomètres de son pays d'origine. Sans effet personnel, il était simplement muni d'un document de transport avec une date de naissance (1992) et une photo.

D'après des informations du journal local La Voix du Nord, le jeune homme, originaire de Khartoum, ville qu'il avait fuie "à cause de la guerre", était arrivé à Calais il y a deux mois après avoir traversé plusieurs pays et autant d'épreuves.

Contactées par InfoMigrants, des associations d'aide aux migrants du Calaisis confirment la présence du jeune demandeur d'asile dans des ''campements de Soudanais'' ces dernières semaines, précisant que, en raison des démantèlements, ces campements sont désormais éparpillés à travers la ville.

Passionné de football et qualifié d'ambitieux et de généreux par ceux qui l'ont côtoyé, toujours d'après le journal local, Abdulfatah Hamdallah se serait retrouvé à Calais pour tenter de passer au Royaume-Uni. Un choix par défaut pour celui qui n'avait pas réussi à régulariser sa situation en France.

Dubliné en Italie, il avait rejoint la France depuis au moins 2018 et avait déposé une demande d'asile à Nantes qui avait abouti à un refus. ''Il voulait vivre en France parce qu’il parlait un peu français, mais il a fait des demandes sans succès'', explique un de ses proches interrogé par La Voix du Nord.

"Un canot fait pour des jeux d’enfants, pas pour une traversée de la Manche"

Auparavant, Abdulfatah Hamdallah était passé par plusieurs pays, dont la Libye, révèle encore le quotidien régional, où il avait été agent d’entretien.

Mercredi 19 août, son cadavre a pu être identifié par un autre migrant qui avait tenté la traversée de la Manche avec lui et avait été découvert en état d'hypothermie sur la plage. Ce dernier avait expliqué qu'Abdulfatah Hamdallah ne savait pas nager.

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Dans l'espoir vain de rejoindre l'Angleterre, malgré les courants et la forte fréquentation de la Manche, les deux compagnons d'infortune avaient "chapardé dans un cabanon de plage un canot gonflable", selon des informations du quotidien Libération. Ce canot était "fait pour des jeux d’enfants, pas pour une traversée de la Manche". "Ils n’ont pas trouvé de rames, alors, ils ont pris des pelles, pour pagayer droit devant, imaginaient-ils, vers les îles britanniques", précise le journal.

Abdulfatah Hamdallah fait partie des centaines de migrants qui ont tenté cette périlleuse traversée ces dernières semaines. En 2019, quatre personnes avaient été retrouvées mortes en mer et sur une plage française après de telles tentatives. L'une d'elles, Mitra Mehrad, une Iranienne de 31 ans titulaire d'un master de psychologie, se serait noyée sous les yeux de plusieurs autres migrants après avoir sauté à l’eau pour tenter de stabiliser le bateau en perdition sur lequel elle se trouvait.

 

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