Des migrants secourus par des garde-côtes grecs en juillet 2018. Crédit : Picture alliance
Des migrants secourus par des garde-côtes grecs en juillet 2018. Crédit : Picture alliance

Visées par de multiples accusations sur des refoulements illégaux de migrants en mer, les autorités grecques ont estimé que ces allégations étaient le résultat d'une "propagande" menée par les réseaux de passeurs.

Le ministre des migrations grec, Notis Mitarachi a déclaré, lundi 31 août, que des passeurs étaient à l'origine des déclarations, reléguées au rang de rumeurs, selon lesquelles Athènes expulse illégalement des demandeurs d'asile.

"Ces incidents n'ont rien de réel", a assuré Notis Mitarachi à la BBC. Selon ce dernier, les passeurs réagiraient aux mesures strictes prises ces derniers mois par Athènes pour freiner l'immigration illégale dans le pays. Des mesures qui, d'après lui, nuisent au business des passeurs.

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"Nous pensons qu'il s'agit du résultat d'une propagande menée par des réseaux de trafic illégal qui perdent des dizaines de millions d'euros", a-t-il affirmé.  

Multiples accusations

Plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme, dont le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), ont à plusieurs reprises exhorté la Grèce à enquêter sur ces accusations de "push-backs".

À la mi-août, des soldats de l’armée allemande ont apporté une confirmation à ces accusations en assurant que des embarcations se dirigeant vers la Grèce avaient été repoussées vers les eaux territoriales turques.

InfoMigrants avait par ailleurs reçu une vidéo tournée en mer Égée le 30 avril attestant de telles pratiques. Ces images montraient un navire des garde-côtes grecs faire d'énormes vagues autour d'une embarcation de migrants pour les empêcher de rejoindre l'île de Lesbos.

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Plus récemment, des révélations accablantes du New York Times ont jeté la lumière sur le fait que la Grèce a "abandonné" plus d’un millier de migrants en mer depuis le mois de mars, ce qu'Athènes dément. Le journal américain affirme que les autorités grecques laissent les embarcations dériver pour que les garde-côtes turcs leur portent secours.

"Nous protégeons nos frontières avec détermination"

Face à ce concert de critiques, les autorités grecques ne dévient pas de leur position. Pour toute réponse à ces accusations, Notis Mitarachi s'est contenté de souligner que les garde-côtes grecs avaient récemment secouru "des dizaines" de migrants et que les garde-côtes turcs avaient, eux, escorté "à de nombreuses occasions" des canots de passeurs dans les eaux grecques.

"Nous protégeons nos frontières avec détermination, dans le cadre des obligations internationales et des règles européennes", a déclaré Notis Mitarachi. "La Grèce ne peut pas être la porte d'entrée de l'Europe."

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Le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a également démenti les accusations de refoulements illégaux, accusant la Turquie de colporter de "fausses informations" à propos des mesures "dures mais justes" appliquées par Athènes.

La Grèce, pays par lequel plus d’un million de personnes sont passées au cours des années 2015-2016, entretient des relations tendues avec la Turquie. Les deux États ne s'entendent ni sur la question migratoire, ni sur celle des recherches d’hydrocarbures menées par la Turquie en Méditerranée orientale dans des zones disputées à la Grèce et à Chypre

 

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