Impossible d'éviter la foule dans les allées du camp de Moria sur l'île de Lesbos. Crédit : picture-alliance /ANE
Impossible d'éviter la foule dans les allées du camp de Moria sur l'île de Lesbos. Crédit : picture-alliance /ANE

Athènes a annoncé mercredi le premier cas de contamination au coronavirus dans le camp de migrants de Moria, le principal du pays, sur l'île de Lesbos, où vivent dans des conditions insalubres près de 13 000 demandeurs d'asile.

"Un Somalien de 40 ans a été testé positif" : la Grèce a indiqué, mercredi 2 septembre, qu'un premier cas de contamination au coronavirus était confirmé dans le camp de Moria sur l'île de Lesbos, apprend-t-on auprès de l'AFP citant une source du ministère grec des Migrations. L'homme originaire de Somalie, en bonne santé mais considéré comme vulnérable car diabétique, venait de rentrer d'un voyage à Athènes.

Avec ses quelque 13 000 demandeurs d'asile pour une capacité d'accueil d'à peine 2 800 personnes, Moria est le plus grand camp de migrants d'Europe. Ils y vivent entassés dans des conditions indignes et y sont confinés depuis le 21 mars alors que le reste de la population grecque vit presque normalement, le pays ayant été moins touché par la pandémie qu'ailleurs en Europe avec seulement 271 décès.

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Toutes les personnes qui ont été en contact avec le réfugié somalien sont soumises "à des contrôles approfondis", a précisé le ministère qui ajoute que le camp va être encore plus isolé : jusqu'au 15 septembre au moins, seul l'accès au "personnel de sécurité" sera autorisé après la prise de leur température, peut-on lire dans un communiqué. Selon l'AFP, le Somalien contaminé dormait en dehors du camp, dans l'oliveraie où les nouveaux arrivants s'entassent faute de place dans l'enceinte.

Un confinement des camps "injuste" et "discriminatoire"

Au total, cinq autres cas de malades du coronavirus ont été enregistrés cet été, tous dans le camp de Vial sur l'île de Chios. Avant cela, une seule contamination avait été rapportée fin mars, cette fois-ci dans le camp de Ritsona, au nord d'Athènes. Aucun décès n'est à déploré dans l'ensemble des camps du pays depuis le début de la crise sanitaire.

Malgré le peu de cas recensés parmi les migrants, les autorités n'ont eu de cesse de prolonger les mesures de confinement dans les camps tandis que le reste du pays a commencé à se rouvrir peu à peu au tourisme. Une politique jugée "injuste" et "discriminatoire" par de nombreuses ONG comme Amnesty international ou Médecins sans Frontières. Ces dernières ont dénoncé à plusieurs reprises l'enfermement "arbitraire" des demandeurs d'asile dans ces structures qui ne sont pas adaptées pour mettre en place les mesures barrières nécessaires.

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Mais le gouvernement a continué de prolonger le confinement pour les migrants brandissant la menace sanitaire. Car la présence sur cinq îles de la mer Égée de plus de 24 000 demandeurs d'asile dans des camps insalubres conçu pour 6 000 personnes, est une source d'inquiétude pour les autorités et l'opinion. D'autant plus que les arrivées de migrants qui s'étaient taries durant le confinement ont repris légèrement pendant l'été. Des transferts de migrants vers le continent et vers d'autres pays européens ont été réalisés par le gouvernement grec mais les camps restent surpeuplés.

Dans le même temps, le taux de contamination au Covid-19 est en augmentation en Grèce depuis le mois d'août, où plus de la moitié des 10 500 cas recensés sont apparus. Depuis, le masque est de nouveau obligatoire dans tous les magasins et toutes les administrations publiques, et les migrants, eux, craignent une énième extension du confinement dans les camps.

 

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