Le chanclier autrichien Sebastian Kurz n'a que 34 ans | Photo: Reuters
Le chanclier autrichien Sebastian Kurz n'a que 34 ans | Photo: Reuters

Le chancelier autrichien affirme regretter l’ouverture des frontières et les politiques d’accueil menées par certains pays européens, dont l’Allemagne, lors de la crise des réfugiés.

Pour le chancelier autrichien, l’Europe a pris "complètement la mauvaise direction" en ouvrant ses frontières à des centaines des milliers de migrants en 2015, estimant qu’is ont changé les sociétés qui les ont accueillis.

Sebastian Kurz a affirmé à l’agence de presse allemande dpa qu’il "a été contre l’ouverture des frontières depuis le début", faisant référence à la décision d’autres leaders européens, notamment la chancelIère allemande Angela Merkel, d’autoriser l’arrivée d’un grand nombre de demandeurs d’asile qui étaient passés par la Hongrie en 2015. 

L’actuel chancelier autrichien était à cette époque ministre de l’Intégration de son pays. "La politique des frontières ouvertes n’a pas seulement abouti au fait que beaucoup de personnes ont pris la route pour l’Europe en causant un énorme fardeau dans une grande partie d’Europe centrale", a estimé Sebastian Kurz. "Cela a aussi permis à des trafiquants de gagner d’énormes sommes d’argent alors que d’innombrables personnes se sont noyées en mer Méditerranée."

Selon le jeune chancelier, avoir trop de migrants est un problème parce qu’ils changent la société qui les accueille. Il a notamment attribué le sentiment anti-juif à des immigrés majoritairement issus de pays musulmans : "Nous faisons face à un anti-sémitisme en partie importé".

Des frontières plus sûres

"Je me réjouis de voir que cinq ans après la crise des réfugiés, les politiques en Europe ont complètement changé", a expliqué Sebastian Kurz à la dpa. 

En revanche, le dirigeant autrichien a salué l’action du Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis pour protéger les frontières extérieures de l’UE.

L’Union européenne investit désormais dans la sécurisation de ses frontières et des règles claires ont été établies pour les ONG qui opèrent en Méditerranée, a ajouté Sebastian Kurz.

Des demandeurs d’asile à la frontière à Idomeni, au nord de la Grèce en 2016 | Photo : Picture-alliance

Pour le chancelier, le renforcement des frontières extérieures européennes devrait être la priorité de la réforme du droit d’asile de l’UE.

Sebastian Kurz rejette l’idée d’obliger des pays à accueillir des demandeurs d’asile.

"Je ne pense pas que c’est réaliste. Je pense que la répartition à travers l’Europe ne fonctionne pas parce que la majorité des pays sont sceptiques ou contre". En face, l’Allemagne, qui occupe actuellement la présidence tournante de l’UE, met la pression pour aboutir à une nouvelle politique européenne de l’asile. 

D’après la dpa, Berlin voudrait mettre en place des centres le long des frontières extérieures de l’UE dans lesquels les dossiers de migrants seraient examinés afin que seuls ceux dont la demande d’asile est jugée recevable puissent voyager. 

Pour Sebastian Kurz, les pays qui souhaitent accueillir des réfugiés devraient les ammener directement depuis leur pays d’origine et leur permettre de s’installer à long terme en Europe. "Chaque pays peut lui même décider" de combien de personnes il veut accueillir.

L’Autriche, qui compte une population de 9 millions de personnes, a reçu 131.000 demandes d’asile en 2015 et 2016.

Traduction : Marco Wolter

 

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