Un navire de patrouille des garde-côtes maltais entre dans le port de La Valette avec des migrants à son bord. Image d'illustration. Crédit : Reuters
Un navire de patrouille des garde-côtes maltais entre dans le port de La Valette avec des migrants à son bord. Image d'illustration. Crédit : Reuters

Dans un rapport publié mardi, l’ONG de défense des droits de l'Homme dénonce les pratiques du gouvernement maltais destinées à empêcher l’arrivée des personnes migrantes ayant traversé la Méditerranée depuis l’Afrique du Nord.

"Le gouvernement maltais a eu recours à des mesures dangereuses et illégales pour faire face aux arrivées de réfugiés et de migrants en mer." Dans un rapport publié mardi 8 septembre, l'ONG de défense des droits de l'Homme Amnesty International fustige le gouvernement maltais, l'accusant de "tactiques illégales" en Méditerranée pour empêcher l'arrivée d'immigrés effectuant la dangereuse traversée depuis l'Afrique du Nord.

Dans ce texte intitulé "Vagues d'impunité : Les violations par Malte des droits des réfugiés et des migrants en Méditerranée centrale", l’ONG évoque notamment "l'organisation de refoulements illégaux vers la Libye, le détournement de bateaux vers l'Italie plutôt que le sauvetage de personnes en détresse et la détention illégale de centaines de personnes dans des ferries mal équipés au large des eaux maltaises".

Accord entre Malte et la Libye

Amnesty dénonce également l’accord signé fin mai entre La Valette et Tripoli destiné à empêcher les migrants d’atteindre l’île de Malte, les condamnant à un retour dans les centres de détention libyens, maintes fois décrits comme des lieux de mauvais traitements, de tortures et d’extorsion. "Certaines des mesures prises par les autorités maltaises peuvent avoir provoqué des actes criminels, entraînant des morts évitables, des détentions arbitraires prolongées et des retours illégaux vers la Libye déchirée par la guerre", précise Amnesty.

En avril, Malte et l'Italie ont fermé leurs ports aux migrants, les deux pays évoquant la pandémie de coronavirus et leur besoin de concentrer leurs forces et ressources pour lutter contre la maladie sur leur territoire national respectif.

Depuis le début de l'année, Malte a accueilli 2 161 immigrants illégaux "et les ressources et les efforts nécessaires pour assurer l'accueil (...) sont sans aucun doute considérables pour un si petit pays", reconnaît Amnesty.

Le rapport d'Amnesty a été publié alors qu'un cargo battant pavillon danois et transportant 27 migrants secourus s'est vu refuser l'autorisation d'accoster, a indiqué cette semaine l'armateur.

Situation intenable sur le Maersk Etienne

Le Maersk Etienne a sauvé, le 4 août, 27 migrants à la demande des autorités maltaises, qui ont depuis refusé de le laisser entrer au port. Ces migrants "doivent pouvoir débarquer immédiatement", ont réclamé de concert lundi le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), l'Organisation internationale pour les Migrations (OIM) mais aussi la Chambre internationale de la marine marchande (ICS).

Le Premier ministre maltais, Robert Abela, a cependant déclaré dimanche au quotidien Malta Today que "la situation du Maersk Etienne n'est pas de la responsabilité" des autorités de La Valette étant donné que le navire bat pavillon danois.

La situation à bord s'est détériorée et trois personnes désespérées se sont jetées à l'eau dimanche matin. Elles ont été secourues et ramenées à bord par des membres de l'équipage.

 

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