Les 25 migrants secourus début août par un navire commercial ont débarqué en Sicile samedi 12 septembre. Crédit : Mediterranea
Les 25 migrants secourus début août par un navire commercial ont débarqué en Sicile samedi 12 septembre. Crédit : Mediterranea

Fin de l'attente pour les 25 migrants secourus en mer Méditerranée le 4 août par le navire commercial Maersk Etienne. Les naufragés ont finalement été autorisés à débarquer en Sicile samedi soir. "Cela met fin à l'impasse la plus longue et la plus honteuse de l'histoire maritime européenne", a déclaré l'ONG Mediterranea sur Twitter.

"Après (environ) 40 jours, le cauchemar des naufragés du Maersk Etienne prend fin." Dans un communiqué, l'ONG Mediterranea, qui affrète le Mare Jonio, a annoncé que les 25 migrants secourus début août par un navire commercial danois avaient enfin pu débarquer en Sicile.

Samedi 12 septembre en début de soirée, les autorités italiennes "ont assigné Pozzallo comme port de débarquement pour motifs sanitaires", continue l'ONG italienne qui avait recueilli la veille les naufragés à bord de son navire humanitaire. Les 25 migrants ont touché la terre ferme à 22h40 samedi - deux exilés, une femme enceinte et son mari, ayant été pris en charge par l'Italie dans la nuit de vendredi à samedi.

"Cela met fin à l'impasse la plus longue et la plus honteuse de l'histoire maritime européenne", a déclaré Mediterranea sur Twitter.

Le Maersk Etienne avait porté secours à 27 migrants, dont une femme et un enfant, sur un petit bateau de pêche qui était en train de couler le 4 août dernier, à la demande de Malte. La petite île européenne refusait depuis de laisser les rescapés débarquer sur son territoire, tout comme l'Italie.

"Les gouvernements responsables doivent trouver des solutions"

À bord, la situation devenait intenable. Dimanche 6 septembre, trois rescapés avaient sauté à l'eau avant d'être repêchés par l'équipage et ramenés à bord. "La santé mentale et physique des personnes secourues (nous) préoccupe" avait déclaré vendredi dans un communiqué Maersk Tankers, la société qui gère le bateau, ajoutant avoir reçu des menaces de grève de la faim de la part des naufragés.

Le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) mais aussi la Chambre internationale de la marine marchande (ICS) avaient lancé un appel pressant la semaine dernière pour le débarquement des 27 migrants, accusant les gouvernements européens d'être en contravention avec le droit international.

Malgré une attente historique, la société qui affrète le navire commercial a déclaré que si c'était à refaire, l'équipage agirait de la même manière. "Les gouvernements responsables doivent trouver des solutions afin que lorsqu'un navire commercial secourt des personnes en détresse, cela ne prenne pas 38 jours" avant de les débarquer, a insisté Tommy Thomassen, directeur technique du Maersk Tankers. "Nous avons besoin que le système politique, où qu'il se trouve, soit modifié pour garantir la mise en place d'un dispositif pour soulager le fardeau des armateurs, des migrants et de l'équipage", a-t-il ajouté.

 

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