Un incendie a ravagé le camp de migrants de Moria sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 9 septembre 2020. Crédit : Reuters
Un incendie a ravagé le camp de migrants de Moria sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 9 septembre 2020. Crédit : Reuters

Une semaine après l'incendie qui a détruit le camp de migrants de Moria, sur l'île grecque de Lesbos, cinq migrants ont été arrêtés par la police grecque, ont annoncé les autorités mardi. Un sixième suspect est toujours en fuite.

Suspectés d'avoir joué un rôle dans l'incendie qui a ravagé le camp de Moria sur l'île grecque de Lesbos, cinq migrants ont été arrêtés par la police, ont annoncé les autorités grecques mardi 15 septembre. Un sixième suspect est toujours en fuite.

"Cinq jeunes étrangers ont été arrêtés pendant qu'un autre, qui a été identifié, est encore en fuite" et recherché, a annoncé le ministre grec de la Protection civile Michalis Chrysohoidis, à Mytilène, le chef-lieu de Lesbos, selon des propos rapportés par l'agence de presse grecque ANA. Les nationalités des suspects n'ont pas été révélées. 

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Selon une source policière locale interrogée par l'AFP, les cinq migrants ont été interpellés lundi lors d'une opération de police menée à Lesbos. D'après cette même source, le sixième suspect a quitté l'île.

Des milliers de migrants sans logement 

La destruction du camp, dans la nuit du 8 au 9 septembre, a laissé 12 000 migrants sans abri. Dans la foulée, les autorités grecques ont installé un nouveau camp provisoire près de Moria. Mais seulement quelque 800 migrants ont pour le moment accepté d'y vivre. Ceux qui refusent de s'y installer ont peur de ne pas pouvoir quitter l'île une fois à l'intérieur du camp. 

À Lesbos, cet incendie s'est déclaré dans un contexte de tensions croissantes. Depuis un an, les incidents se multiplient entre les migrants et les insulaires, dont des sympathisants d'extrême-droite. Mardi après-midi, un rassemblement d'habitants est prévu pour réclamer "l'éloignement des migrants de l'île".

Des accusations de la part du gouvernement grec

Selon le ministre Chrysohoidis, les arrestations de ces migrants "discréditent le scénario" selon lequel des "extrémistes" ont mis le feu au camp de Moria.

À deux reprises, le gouvernement grec a accusé des migrants d'avoir déclenché ce feu. Le ministre des Migrations Notis Mitarachi avait déclaré quelques heures après le sinistre que "de nombreux foyers s'étaient déclarés dans le camp dans la nuit" quand "les demandeurs d'asile ont protesté contre la quarantaine" rendue obligatoire après la détection de 35 cas de coronavirus.

Lundi, le porte-parole du gouvernement Stelios Petsas a affirmé que "le camp avait été brûlé par des réfugiés et des migrants qui voulaient exercer un chantage sur le gouvernement afin de pouvoir être transférés rapidement".

 

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