Des femmes ayant dû fuir le camp de Moria n'arrivent pas à retenir leurs larmes. Photo: Mehdi Chebil/InfoMigrants
Des femmes ayant dû fuir le camp de Moria n'arrivent pas à retenir leurs larmes. Photo: Mehdi Chebil/InfoMigrants

La police grecque a commencé jeudi à évacuer une partie des milliers de réfugiés jetés à la rue par l'incendie de Moria vers un nouveau camp, "provisoire" selon l'ONU et les autorités grecques. Ces dernières ont évoqué Pâques comme date butoir pour transférer les exilés de l'île de Lesbos.

La police grecque a commencé jeudi 17 septembre à évacuer une partie des milliers de réfugiés jetés à la rue par l'incendie de Moria vers un nouveau camp.

Vers 7h locales (4h GMT), la police faisait le tour des tentes, dans le calme. Progressivement ils ont entrepris de vider le secteur de ses sans-abri et les emmener vers le nouveau camp érigé à la hâte après l'incendie, il y a une semaine.

Sous un soleil déjà chaud, et sur fond de pleurs d'enfants, plusieurs réfugiés, dont des femmes et des enfants, pliaient leurs couvertures, apportaient des sacs contenant leurs affaires sauvées des flammes la semaine dernière, ou se mettaient à démonter les tentes de bric et de broc installées sur l'asphalte, selon des informations de l'AFP. Ces transferts s'ajoutent aux plusieurs centaines de migrants, déjà arrivés dans le camp mardi et mercredi, selon des humanitaires. D'après les derniers chiffres des autorités grecques, mardi, 1 200 personnes y étaient logées.

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Mercredi soir, 1 000 tentes, pouvant chacune accueillir 8 à 10 personnes, y étaient érigées. Des tentes médicales doivent encore être dressées, et deux zones de quarantaine sont prévues alors que quelque dizaines de cas de coronavirus ont été détectés - mais pour l'heure sans gravité.   

"L'objectif est de protéger la santé publique"

Depuis l'incendie du camp de Moria, le plus grand d'Europe où vivaient près de 13 000 réfugiés dans des conditions dramatiques, les migrants se sont entassés sous des abris de fortune sur un coin de route et des parkings de supermarché fermés, dans une précarité extrême. 

Dans ce contexte, toute distanciation sociale pour se protéger du Covid-19 semble impossible et, surtout, l’urgence est ailleurs, ont observé des journalistes d'InfoMigrants sur place. "La plus grande préoccupation de ces personnes actuellement, c’est d’avoir accès à de la nourriture et de l’eau", a expliqué Dimitra Chasioti, psychologue pour Médecins sans frontières (MSF) présente sur les lieux.

"L'objectif est de protéger la santé publique", a déclaré à l'AFP Theodoros Chronopoulos, porte-parole de la police. Il a confirmé une "opération en cours" qui "répond à des fins humanitaires".

MSF, qui a ouvert une clinique d'urgence dans cette zone, s'est vu interdire l'accès dans la nuit, alors que des rumeurs d'évacuation couraient, a indiqué l'ONG à l'AFP. À 7h30 (4h30 GMT), ses membres ne pouvaient toujours pas rejoindre leur clinique.

"Une opération de police est en cours pour emmener les réfugiés vers le nouveau camp. Cela ne devrait pas empêcher l'aide médicale", a twitté l'ONG. La zone a également été restreinte aux médias.

Objectif : "quitter l'île pour Athènes" 

Ce nouveau camp, qui crée de nombreuses réticences parmi la population migrante angoissée à l'idée de se retrouver à nouveau enfermée, sera seulement "provisoire" ont promis l'ONU et les autorités grecques.


Construit depuis samedi, il a pour objectif que les réfugiés "puissent progressivement, et dans le calme, quitter l'île pour Athènes" ou "être réinstallés ailleurs", a indiqué mercredi le représentant en Grèce du Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) en Grèce, Philippe Leclerc. "Le HCR pousse les autorités (grecques) à accélérer le processus (de demande d'asile) pour que les gens ne restent pas trop longtemps" ici, a-t-il ajouté.

Le ministre grec de la Protection civile Michalis Chrysochoidis a pour sa part estimé que "la moitié" des exilés pourrait quitter Lesbos "d'ici Noël" et "les autres d'ici Pâques".

 

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