Le Refuge solidaire, à Briançon (Hautes-Alpes), en août 2018. Crédit : InfoMigrants
Le Refuge solidaire, à Briançon (Hautes-Alpes), en août 2018. Crédit : InfoMigrants

À Briançon, l'annonce de la fermeture prochaine d'un centre d'hébergement d'urgence provoque la colère des associations d'aide aux migrants qui arrivent par la frontière franco-italienne. La gestion associative de ce lieu, qui a accueilli plus de 10 000 personnes depuis 2017, "a montré ses limites" selon le maire de la ville.

C'est la fin d'un lieu emblématique pour les migrants qui arrivent en France depuis l'Italie. Le Refuge Solidaire, un hébergement d'urgence situé à Briançon, fermera ses portes d'ici fin octobre, au plus tard le 28, comme l'a décidé le nouveau maire (LR) de cette commune des Hautes-Alpes.

Ces locaux sont en effet mis à disposition par la communauté de communes du Briançonnais (CCB) via une convention, arrivée à échéance mi-juin. Le nouvel édile Arnaud Murgia a signifié fin août à l'association, en tant que président de la CCB, qu'il ne procéderait pas au renouvellement de la convention d'occupation des lieux.

>> À (re)lire : À Briançon, migrants et bénévoles à bout de souffle

Expliquant sa décision, l''élu a dit souhaiter "sortir d'une gestion associative qui a montré ses limites concernant le respect des règles d'hébergement et de sécurité". Dans le collimateur d'Arnaud Murgia : le fait que les lieux accueillent trop de monde.

Depuis 2017, le Refuge Solidaire, non loin de la gare de Briançon, a accueilli plus de 10 000 migrants pour de courts séjours. Ces derniers, épuisés, y trouvent une aide et une occasion de se reposer, de prendre une douche et surtout de manger après avoir marché de longues heures à travers la frontière alpine.

"Pas d'accord du tout pour fermer sans alternative"

Pour les associations d'aide aux réfugiés, la fermeture prochaine est un coup dur. Surtout qu'en trois ans, aucun trouble à l'ordre public n'y a été déploré, selon l'association du Refuge qui gère le lieu.

Mais cette association a rencontré "une fin de non recevoir" lors d'une entrevue avec le maire lundi 14 septembre. "On est tout à fait d'accord pour trouver un lieu plus adapté mais pas d'accord du tout pour fermer sans alternative", a affirmé jeudi à l'AFP Philippe Wyon, un porte-parole du Refuge.

Ce dernier met en avant la nécessité des lieux étant donné l'arrivée de familles afghanes et iraniennes avec de jeunes enfants dans la région. Ces familles succèdent à de jeunes Africains de l'Ouest. "On ne remettra pas gentiment les clés le 28 octobre", prévient Philippe Wyon.

Le local libéré pourrait devenir un Cada

Arnaud Murgia assure toutefois ne pas vouloir aller jusqu'à "devoir les expulser". "Je ne mettrai pas de bâtons dans les roues" des associations - très actives dans le Briançonnais -, qui voudraient monter un projet privé "mais rien qui engage la commune ou la CCB !", a-t-il déclaré. 

Il a par ailleurs laissé entendre que le local libéré pourrait devenir à terme un centre d'accueil pour demandeurs d'asile (Cada) avec quelques places d'hébergement d'urgence.

Quant aux arrivées de migrants, "je ne vois pas pourquoi une ville ou un intercommunalité irait prendre la place de l'État qui a la compétence de l'immigration", a souligné le maire.

Depuis la fin du confinement, des dizaines de migrants tentent chaque jour de passer la frontière italo-française pour déposer des demandes d'asile ou tenter leur chance en France ou dans d'autres pays d'Europe du Nord.

 

Et aussi