Des milliers de migrants ont commencé à s'installer dans un nouveau camp en remplacement de celui de Moria sur l'île de Lesbos en Grèce. Crédit : Reuters
Des milliers de migrants ont commencé à s'installer dans un nouveau camp en remplacement de celui de Moria sur l'île de Lesbos en Grèce. Crédit : Reuters

Un camp provisoire sur l'île grecque de Lesbos compte désormais 9 000 demandeurs d'asile sur les 12 700 laissés sans abri par les incendies qui ont détruit le camp de Moria il y a dix jours, selon le ministre des Migrations.

Depuis 10 jours, ils campaient sur les bords de route, à même le bitume, dans des bâtiments abandonnés et insalubres ou encore dans des champs : les milliers de demandeurs d'asile sans abri de Lesbos en Grèce ont commencé à se réinstaller dans un nouveau camp provisoire situé sur un ancien champ de tir à trois kilomètres du port de Mytilène, chef-lieu de cette île de la mer Égée.

Après une opération policière visant à vider les routes, 9 000 personnes ont déjà investi les nouveaux lieux d'une capacité de 8 000 à 10 000 places, indique le ministère des Migrations. Au total, 12 700 migrants et demandeurs d'asile se sont retrouvés sans abri après les incendies du camp de Moria il y a dix jours.

Un camp provisoire a été érigé à proximité de Mytilène sur l'île de Lesbos, en remplacement de Moria. Crédit : Reuters
Un camp provisoire a été érigé à proximité de Mytilène sur l'île de Lesbos, en remplacement de Moria. Crédit : Reuters

Six jeunes demandeurs d'asile afghans sont accusés d'avoir mis le feu, dont quatre ont déjà témoigné devant le juge d'instruction. Aucune victime n'est à déplorer.

Le Haut commissariat pour les réfugiés (HCR) a indiqué qu'il soutenait ce nouveau camp "comme solution provisoire", mais a mis en garde contre toute pérennisation d'une installation d'urgence. "Les autorités grecques doivent clarifier" le futur de ce site, écrit l'agence onusienne.

Beaucoup d'exilés ont en effet peur de s'y retrouver de nouveau bloqués dans des conditions difficiles comme celles à Moria où ils attendaient depuis des mois, certains des années, leur transfert vers la Grèce continentale et l'instruction de leur dossier d'asile. Une opération de police en milieu de semaine dernière, et les menaces de ne pas traiter les demandes d'asile des récalcitrants, ont poussé des milliers de réfugiés à entrer dans le nouveau camp. Beaucoup avaient toutefois l'espoir d'être relocalisés après l'incendie dans un pays européen et quitter ainsi l'enfer de Moria.

Tout demandeur d'asile est soumis à un test Covid-19 à l'entrée du camp. Jusqu'ici, 214 cas du nouveau coronavirus ont été détectés, selon le ministère des Migrations. Les camps des migrants à travers le pays sont confinés depuis la mi-mars pour cause du Covid-19. Le HCR et des ONG ne cessent de protester pour cette mesure alors que le déconfinement dans le reste du pays avait commencé début mai. Le premier grand incendie à Moria, la nuit du 8 à 9 septembre, a eu lieu au lendemain de l'identification d'un groupe de 35 personnes positives au Covid-19.

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Alors que Moria est devenu un symbole de l'échec de la politique migratoire de l'Union européenne (UE), la Commission européenne est attendue au tournant mercredi avec sa proposition de réforme de l'asile, sujet de tensions au sein des 27. Le texte, plaidant pour un "mécanisme de solidarité obligatoire" entre tous les pays de l'UE en cas de "pression" migratoire, sera présenté par la commissaire européenne aux Affaires intérieures Ylva Johansson. 

"Ce doit être obligatoire, tous les États membres doivent aider quand il y a une situation où un Etat membre est sous pression, lorsqu'il y a beaucoup de gens qui ont besoin de protection", a déclaré samedi la commissaire suédoise à l'AFP. Ylva Johansson, qui a plusieurs fois affirmé qu'il ne devait pas y avoir "d'autres Moria", a aussi souligné que les procédures d'examen des demandes d'asile devaient être "beaucoup plus rapides", pour que les demandeurs "ne soient pas laissés dans le flou".

 

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