Un "CRA Covid" était jusqu'alors installé dans le centre de rétention de Vincennes, le plus important de France en 2019. Crédit : Capture d'écran Google Maps
Un "CRA Covid" était jusqu'alors installé dans le centre de rétention de Vincennes, le plus important de France en 2019. Crédit : Capture d'écran Google Maps

Le centre de rétention pour migrants de Plaisir, le plus petit de la région parisienne, va être utilisé comme "CRA Covid" pour accueillir exclusivement les immigrés en attente de leur expulsion contaminés par le virus. Une dizaine de personnes pourra y être logée.

Le centre de rétention administrative (CRA) pour migrants de Plaisir, le plus petit de la région parisienne, va être utilisé pour accueillir exclusivement les immigrés en attente de leur expulsion qui ont été testés positifs au Covid-19, a affirmé à l'AFP le ministère de l'Intérieur mardi 22 septembre, confirmant une information du Parisien. 

"Des places seront ouvertes" dans ce centre des Yvelines qui partage ses locaux avec l'hôtel de police local, a déclaré le ministère. Elles seront accessibles aux migrants contaminés qui se trouvent dans d'autres CRA de la région parisienne.

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Une dizaine de personnes infectées par le coronavirus pourront y être accueillies à la fois, en respectant la limite d'une personne par cellule, contre 26 en temps normal.

La date de la transformation de cet établissement en "CRA Covid" n'est pas encore arrêtée, en raison notamment "d'effectifs médicaux insuffisants", a précisé France terre d'asile (FTDA), association et opérateur de l'État qui intervient au sein de ce centre. 

"Le projet existe. Il est en cours de négociation notamment avec l'ARS (agence régionale de santé). À partir du moment où les conditions sont correctes, il ne faut pas qu'on laisse ces personnes de côté", explique Delphine Rouilleault, directrice générale de FTDA. 

"Libérer de la place pour maintenir davantage en rétention"

Ce n'est pas le premier CRA qui est exclusivement dédié aux personnes retenues positives. Depuis la mi-juillet, l'un des trois bâtiments du centre de rétention de Vincennes, à Paris, était utilisé comme tel. Malgré un manque de soins et d'hygiène, selon des témoignages recueillis en août par InfoMigrants, ce CRA a accueilli en septembre jusqu'à 17 retenus contaminés.

Utiliser ce genre de centres à des fins sanitaires ne suscite pas forcément l'enthousiasme. "[Les migrants] devraient être pris en charge par les ARS et dans les centres de desserrement" spécifiquement prévus pour accueillir les malades les plus précaires, dénonce de son côté Céline Guyot, de l'Assfam, qui apporte une aide juridique dans le CRA de Vincennes où selon elle plus aucune personne infectée n'est présente.

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Le choix du CRA de Plaisir, le plus petit de la région, pour supplanter celui de Vincennes, bien plus important, n'est pas innocent, estime-t-elle par ailleurs. Il s'agit "de libérer de la place pour maintenir davantage en rétention", juge-t-elle.

Selon un rapport annuel établi par l'association la Cimade, 4 575 personnes ont été enfermées dans le CRA de Vincennes en 2019, faisant de ce centre de rétention le plus important de France.

Cette année-là, 53 273 personnes ont été enfermées en centres de rétention administrative en France métropolitaine et dans les outre-mer, soit 23% de plus qu'en 2018.

 

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