Une distribution de nourriture de La Vie Active, à Calais. Crédit : Mehdi Chebil pour InfoMigrants
Une distribution de nourriture de La Vie Active, à Calais. Crédit : Mehdi Chebil pour InfoMigrants

Treize associations et ONG venant en aide aux personnes migrantes à Calais ont déposé mercredi un recours devant le Conseil d’État pour contester l'arrêté préfectoral leur interdisant de distribuer des repas dans le centre-ville de Calais.

Après le rejet mardi par le tribunal administratif de Lille de suspendre l'arrêté préfectoral leur interdisant de distribuer des repas dans le centre-ville de Calais, 13 associations et ONG venant en aide aux migrants à Calais ont déposé mercredi 23 septembre un recours devant le Conseil d’État.

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"Nos organisations ont décidé de saisir immédiatement le Conseil d'État, (...) afin que soit consacrée l'évidente primauté du principe de fraternité, par rapport à l'incessante, cruelle et au demeurant inefficace traque, selon les termes employés par le Défenseur des droits (...), menée par l'État à l'encontre des personnes exilées", écrivent ces associations dans un communiqué.

"Pour le recours, on va reprendre les arguments de la juge du tribunal administratif et étoffer notre défense là-dessus. Notamment sur les distributions de l’État qui seraient suffisantes : tout ce qu’on distribue ce n’est pas pour le plaisir, c’est parce qu’il y a des besoins", souligne François Guennoc, vice-président de l’Auberge des migrants, l’une des associations signataires.

Des distributions trop éloignées

Mardi, le tribunal administratif de Lille avait rejeté la demande des associations, considérant qu'une association mandatée par l'État, La Vie active, mettait déjà de l'eau et des repas à disposition des migrants dans cette zone, et que les autres associations pouvaient poursuivre leur action "à proximité du centre ville".

"Le juge a énoncé que les distributions mises en places par l'État suffisaient prétendument à couvrir les besoins de l'ensemble des personnes (...) considérant que 'la circonstance que pour y accéder, les migrants installés en centre-ville depuis début août doivent parcourir trois kilomètres n'est pas de nature à caractériser des conditions de vie indignes'", regrettent les associations.

"Cette appréciation est particulièrement contestable", jugent-elles, rappelant que les indicateurs humanitaires reconnus, élaborés notamment par le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR), "précisent par exemple, au sujet de l'eau potable, que celle-ci doit être accessible à moins de 500m des lieux de vie des personnes, les distances en cause étant en l'espèce situées entre 4 et 5km".

Lors de l'audience, les migrants ont justement "fait part de leur épuisement et de la difficulté trop importante de faire plusieurs heures de marche quotidiennes", des témoignages "corroborés par les observations du Défenseur des droits", poursuivent les auteurs du texte.

Pression policière constante

Concernant les distributions tolérées "à proximité du centre ville", elles se font en réalité sous une pression policière constante, dénonce François Guennoc. Salam et l’Auberge des migrants notamment distribuent de la nourriture "sur des rues et quais non interdits" par l’arrêté préfectoral.

"La police nous dit que, dans l’esprit, c’est tout le centre-ville qui est interdit ou bien que si ces endroits ne sont pas interdits, ils le seront bientôt", raconte le militant. "Mardi 15 septembre, la police nous a demandé de dégager alors qu’on n’était pas sur un endroit interdit. C’est une négociation serrée tous les soirs", ajoute-t-il.

Les associations vont tenter de maintenir leurs distributions au moins jusqu’au résultat du recours déposé. "Il y a du monde et cela va peut-être s’accentuer avec la météo qui se dégrade. Les gens qui n’ont pas de tente vont essayer de s’abriter en ville", souligne François Guennoc.

L'association organise samedi 26 septembre une manifestation dans Calais en soutien aux personnes migrantes. Entre 1200 et 1400 personnes migrantes vivent actuellement à Calais. Cet été, elles étaient environ 1200.

 

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