Une plage de Mayotte située au nord de Mamoudzou. Crédit : Google Street View
Une plage de Mayotte située au nord de Mamoudzou. Crédit : Google Street View

Dix migrants venus des Comores, dont un enfant de sept ans, ont trouvé la mort jeudi lors du naufrage de leur embarcation au large d’une plage du nord-est de Mayotte, indiquent les gendarmes du 101e département français.

Vingt-quatre migrants en provenance des Comores ont fait naufrage dans l'après-midi du jeudi 24 septembre, au large de l'archipel français de Mayotte situé dans l'océan Indien, entre Madagascar et la côte du Mozambique. Dix passagers, dont un enfant de sept ans, sont morts noyés, indique la gendarmerie, citée par l'AFP.

Selon les premiers témoignages des survivants recueillis par les secours, la police aux frontières et la gendarmerie, les naufragés avaient embarqué depuis l’île d’Anjouan aux Comores, se trouvant à 70 km de Mayotte où ils espéraient entrer illégalement, comme le font chaque année des milliers de candidats à l'exil.

Les premiers éléments de l'enquête semblent indiquer que leur kwassa-kwassa, ces petites embarcations légères à moteur, a chaviré en raison d'une forte houle.

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Mayotte est une porte d'entrée en France et donc en Europe pour les migrants qui fuient des conditions de vie difficiles dans l’Union des Comores, mais aussi pour ceux qui partent de l’Afrique des Grands Lacs. Selon les données de l'Insee, plus de la moitié de la population mahoraise est de nationalité étrangère. Une grande majorité est originaire des Comores voisines et vit clandestinement sur le territoire, bien souvent dans la misère des favelas.

Des conditions de vie qui ne dissuadent pas les Comoriens et autres Africains de continuer à tenter leur chance à bord de kwassa-kwassa à destination de Mayotte. De nombreux décès sont à déplorer chaque année à la suite de naufrages de ces embarcations. En juillet 2019, le corps sans vie d’un enfant de 5 à 6 ans avait été retrouvé à Mayotte, sur une plage de Petite-Terre, à la suite du probable naufrage d’un bateau. En mai de la même année, les corps de deux autres migrants avaient été retrouvés après le naufrage de leur embarcation. Quatorze autres personnes avaient été récupérées vivantes.

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Face au phénomène, le préfet de Mayotte, Jean-François Colombet, a récemment annoncé de nouvelles mesures sécuritaires : "Trois intercepteurs en mer seront opérationnels à partir d'octobre" et "seront 24h sur 24 et 7 jours sur 7 à l'eau" afin d'empêcher l'arrivée des bateaux de migrants en provenance des Comores. Après un fort ralentissement des expulsions dû à la fermeture des frontières en raison de la pandémie de coronavirus, celles-ci ont également repris de plus belle ces dernières semaines. En 2019, 30 000 étrangers en situation irrégulière ont été expulsés, soit près de 10% de la population totale de Mayotte.

 

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