REUTERS/Alkis Konstantinidis | Des réfugiés et des migrants du camp détruit de Moria ont dû s'installer dans un nouveau camp temporaire, sur l'île de Lesbos, Grèce, le 16 septembre 2020. Image d'illustration.
REUTERS/Alkis Konstantinidis | Des réfugiés et des migrants du camp détruit de Moria ont dû s'installer dans un nouveau camp temporaire, sur l'île de Lesbos, Grèce, le 16 septembre 2020. Image d'illustration.

Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés a réclamé lundi la mise en oeuvre "urgente" de la réforme de l'asile de l'Union européenne. L’agence a néanmoins regretté que l'accent soit mis "sur les retours".

Lundi 28 septembre, le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a demandé la mise en place de la réforme de l'asile de l'Union européenne (UE) de manière "urgente".

"Les prochains mois seront décisifs. J'espère (...) qu'un système pourra être mis sur pied - et on pourra toujours l'améliorer plus tard", a insisté le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi.

"Il y a urgence. Nous avons des bateaux en Méditerranée depuis des mois, des [migrants] repoussés, la situation dramatique des îles grecques... La liste est longue. Nous ne pouvons attendre : nous devons avoir un meilleur système en place avant l'été prochain et sa recrudescence saisonnière d'arrivées", a-t-il ajouté.

La Commission européenne a présenté le 23 septembre son nouveau "Pacte européen sur la migration". Ce texte prévoit notamment que les pays de l'UE qui ne veulent pas prendre des demandeurs d'asile en cas d'afflux devront participer au renvoi des déboutés vers leur État d'origine.

Favoriser la 'relocalisation'

Le pacte inclut également des contrôles accrus aux frontières extérieures de l'UE - de manière à écarter rapidement les migrants jugés peu susceptibles d'obtenir une protection internationale.

"Il ne doit y avoir aucune ‘externalisation’ en théorie ou en pratique. Les personnes doivent avoir le droit d'entrer en territoire européen pour y voir leur demande [d'asile] dûment examinée (...) Cela ne peut se faire hors d'Europe", a averti Filippo Grandi.

"Le pacte met l'accent sur les retours" des migrants déboutés du droit d'asile et "j'espère que les États le feront de manière humaine, ces gens ont des droits aussi", a-t-il insisté.

Le commissaire a indiqué avoir évoqué avec la Commission les incidents de migrants repoussés en mer.

Enfin, "sans solidarité, des pays - Grèce, Chypre, Malte, Italie, Espagne - resteront en première ligne, ce qui serait profondément injuste. La relocalisation [des migrants] est la façon la plus efficace d'alléger leur fardeau", a-t-il enfin souligné.

 

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