Un important dispositif policier était déployé mardi matin lors de l'évacuation d'un camp de migrants à Calais (Image d'archives). Crédit : Reuters
Un important dispositif policier était déployé mardi matin lors de l'évacuation d'un camp de migrants à Calais (Image d'archives). Crédit : Reuters

Un campement abritant entre 700 et 800 migrants a été démantelé mardi matin à Calais par les forces de l'ordre. Les migrants ont été transférés dans des centres d'accueil répartis sur tout le territoire. Les associations estiment que cette énième évacuation "ne sert à rien".

À partir de 6h du matin mardi 29 septembre, un important dispositif policier a quadrillé "la lande de Virval", une zone située autour de l’hôpital de Calais où était installé un important camp de migrants abritant entre 700 et 800 personnes. Des tentes de la Protection civile ont également été dressées à proximité.

Le démantèlement du campement a débuté dès 7 heures du matin et, selon des journalistes de l’AFP présents sur place, il s'est déroulé dans le calme. Les migrants, majoritairement des hommes originaires de Somalie, du Soudan, d’Iran, d’Irak et d’Érythrée, sont montés dans les bus en file indienne et par groupe ethnique ou de nationalité. Les associations affirment que beaucoup de ces hommes sont des mineurs non accompagnés n'ayant reçu aucune prise en charge spécifique.

Plus de 600 exilés, selon le ministère de l'Intérieur, ont ensuite été transférés dans des centres d’accueils répartis dans plusieurs régions. Dans le même temps, la Police aux frontières (PAF) a procédé à 21 interpellations.

Éviter "toute concentration et point de fixation"

Dans le sous-bois où étaient installé le camp, de nombreuses tentes, duvets, couvertures, chaussures et vêtements ont été abandonnés après l’évacuation. Canettes vides, déchets, caddies renversés et bâches jonchaient le sol, ainsi que des couvertures de survie.

"Les exilés ne voulaient pas monter dans les bus mais ils n’ont pas eu le choix. Beaucoup n’ont pas pu récupérer leurs affaires personnelles ou leurs documents administratifs", signale à InfoMigrants Siloé, membre de l'association Utopia 56.

Louis Le Franc, préfet du Pas-de-Calais, était également présent sur place mardi matin. Il ne cache pas sa volonté d’éviter "toute concentration et point de fixation nouveaux sur Calais". "Cette zone du Virval sera rendue inaccessible. Nous étudions avec la maire de Calais ce qu’il sera possible de faire", a-t-il déclaré, affirmant que cette évacuation était la plus "importante" depuis "le démantèlement de la lande de Calais", le gigantesque bidonville où ont vécu jusqu’à 9 000 migrants entre 2015 et 2016.

Un énième démantèlement "qui ne sert à rien"

"À mes yeux c'est d'abord une opération de mise à l'abri. Les migrants vivent dans cet espace boisé dans des conditions extrêmement difficiles. (...) Il était important de sortir l'ensemble des migrants avant (...) la période hivernale", a poursuivi Louis Le Franc. "Notre objectif est aussi de lutter activement contre les passeurs" et "l'exploitation de la misère humaine", a insisté le préfet.

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Du côté des associations, cette énième évacuation ne convainc pas. "C’est un démantèlement de plus qui, encore une fois, ne sert à rien", déplore Siloé. "Comme d’habitude, les gens vont revenir dans les jours qui viennent, voire même dès ce soir", assure la militante en dénonçant "un harcèlement psychologique" sur les migrants. "Il y a encore aujourd’hui des exilés dans la ville et il y en aura toujours", continue-t-elle.

"De toute façon, ils savent que, pour la plupart, ils ne peuvent pas avoir l'asile en France, leur situation ne le permet pas. L'Angleterre, c'est juste leur dernière chance", explique Maya Konforti, l'une des responsables de l'association l’Auberge des migrants.

 

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