La barrière qui clôt l'enclave espagnole de Melilla au Maroc. Crédit : Wikicommons
La barrière qui clôt l'enclave espagnole de Melilla au Maroc. Crédit : Wikicommons

Les autorités espagnoles ont annoncé mardi que des centaines de Marocains, bloqués dans l’enclave de Melilla, allaient être rapatriés dans leur pays. Le Maroc a fermé sa frontière avec l’Espagne en raison de la pandémie de coronavirus.

Ils ont été pris au piège par la fermeture des frontières en raison du coronavirus. Des centaines de Marocains, bloqués dans l’enclave espagnole de Melilla, vont être rapatriés dans leur pays, ont annoncé mardi 30 septembre les autorités espagnoles.

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"Toutes les personnes qui nous ont fourni leurs coordonnées et nous ont communiqué leur désir de retourner au Maroc pourront le faire", a annoncé Sabrina Moh, la préfète de Melilla, dans un message retransmis à la télévision.

Dès mercredi, un groupe de 200 personnes doit être transféré vers le Maroc grâce à un accord signé entre les gouvernements espagnol et marocain.

A la mi-mars, le Maroc a fermé ses frontières afin de freiner la propagation du Covid-19. Des centaines de ses ressortissants se sont alors retrouvés bloqués à Melilla et à Ceuta, les deux enclaves espagnoles situées dans le Nord de son territoire et qui constituent la seule frontière terrestre européenne avec l'Afrique.

En mai, un premier groupe de 500 personnes avait pu retourner au Maroc depuis les deux enclaves.

"C’est le résultat de la négligence des autorités marocaines"

Après le premier groupe rapatrié mercredi, deux autres groupes doivent quitter Melilla vendredi puis dimanche. Ce délai de 48 heures doit donner le temps aux autorités marocaines de réaliser des tests de Covid-19 sur ces personnes.

Selon Omar Naji, à la tête de la section de Nador de l’Association marocaine pour les droits de l’Homme (AMDH), contacté par InfoMigrants, ces Marocains réclament d’être rapatriés depuis sept mois. “Toutes les personnes qui ont voulu rentrer au Maroc depuis n’importe quel pays dans le monde ont pu le faire, sauf ceux qui ont été bloqués dans les enclaves de Ceuta et Melilla. Ce qu’il se passe avec eux, c’est le résultat de la négligence des autorités marocaines envers leurs citoyens”, a-t-il souligné.

La mesure de rapatriement annoncée mardi concerne tous les Marocains voulant rentrer dans leur pays, a expliqué à l'AFP un porte-parole de la préfecture de Melilla, sans préciser le nombre exact de personnes qui allaient être rapatriées.

Expulsions impossibles

D’après Omar Naji, plus de 300 Marocains seraient concernés. "[Ces personnes] ont été soumises à une grande pression psychologique durant toute cette période. L’une d’elles est morte et a été enterrée sans même que la cause de sa mort soit élucidée et que sa famille soit prévenue", a-t-il dénoncé, ajoutant que des mineurs auraient subi des tentatives d’agressions sexuelles dans l’enclave.

En raison de la fermeture des frontières marocaines, ces rapatriements ne peuvent pas s'appliquer aux migrants marocains entrés à Melilla ou Ceuta de manière clandestine.

Une cinquantaine de migrants marocains illégaux entrés à Melilla ont récemment reçu des ordres d'expulsion, selon le porte-parole de la préfecture. Mais, en pratique, ils ne peuvent pas être reconduits à la frontière tant que celle-ci n'a pas été rouverte par le Maroc.

 

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