Un navire des garde-côtes grecs. Crédit : Picture alliance
Un navire des garde-côtes grecs. Crédit : Picture alliance

Les autorités grecques accusent 33 membres d'ONG d'avoir facilité l'entrée illégale de migrants sur les îles de la mer Egée. Les humanitaires dénoncent la "criminalisation" des ONG qui ont mis en cause Athènes pour des "push-back" commis en pleine mer.

Trente-trois membres d'ONG et deux ressortissants étrangers sont soupçonnés par la police grecque d'aide au séjour irrégulier sur le territoire national. Les autorités grecques les accusent d'appartenir à une organisation criminelle, d'espionnage et de violation du secret d'État.

Dans un communiqué publié lundi 29 septembre, la police affirme que les humanitaires ont aidé à faire passer des migrants de la Turquie vers l'île de Lesbos, depuis, au moins, le début du mois de juin.

"Sous le couvert de l'action humanitaire, [ils] ont fourni des informations confidentielles aux flux de réfugiés en provenance de Turquie via des groupes fermés et des applications Internet", peut-on lire dans le document.

Le communiqué explique également que "les membres des ONG ont systématiquement surveillé et enregistré les communications des garde-côtes lors de leur action opérationnelle de protection des frontières maritimes". 

Les ONG visées n'ont pas manqué de réagir. Selon elles, les autorités "criminalisent" les militants qui ont dénoncé et documenté les "push-back" (refoulements) de migrants en pleine mer. Depuis plusieurs mois, la Grèce est accusée d'avoir renvoyé des embarcations de migrants en détresse dans les eaux turques afin de les empêcher d'atteindre les îles de la mer Egée. InfoMigrants a reçu plusieurs témoignages allant dans ce sens.

"Le gouvernement grec (...), qui viole les lois internationales et les droits de l'Homme, vise une fois de plus les bénévoles", affirme l'ONG Aegean Report boat. Les autorités "essayent de faire taire" ceux qui s'élèvent contre "le traitement inhumain" réservé aux "personnes vulnérables qui cherchent la sécurité", insistent les militants.


 

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