Les conteneurs du camps de migrants de Bira en Bosnie. Crédits : DR
Les conteneurs du camps de migrants de Bira en Bosnie. Crédits : DR

Les autorités du canton d’Una Sana ont commencé à expulser les migrants du camp de Bira, non loin de la ville de Bihac, dans le canton d’Una Sana, pour les envoyer dans le camp de Lipa, déjà plein et pas adapté au climat hivernal. L’OIM a dénoncé une action inutile et inhumaine.

Mercredi 30 septembre, les autorités de la région de Krajina, au nord-ouest de la Bosnie, ont évacué le camp de Bira géré par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) près de la ville de Bihac.

Quelques 350 personnes ont été envoyées dans le camp de Lipa, déjà plein et uniquement équipé de tentes alors que d’autres ont été abandonnées à leur sort dans les bois.

Peter Van der Auweraert, coordinateur de la mission de l’OIM en Bosnie-Herzégovine, a souligné que le camp surchargé de Lipa, construit en avril, serait bientôt obligé de fermer. "Le camp n’est fait que pour un temps estival", a-t-il précisé à l’agence Associated press (AP).

"[Les personnes évacuées] vont passer la nuit (et les prochaines) dans le froid sans abri, malheureusement, inhumainement et inutilement", a encore dénoncé le représentant de l’agence onusienne sur Twitter.

Peter Van der Auweraert a par ailleurs souligné que cette évacuation ne présentait en rien une solution aux demandes de la population locale [qui réclame le départ des migrants, NDLR]. "Cela va seulement faire augmenter le nombre de personnes dormant dehors dans et aux alentours de Bihac", ajoute-t-il.

Les autorités de Krajina prévoient de vider un autre camp dans les jours prochains, sans préciser où ses résidents seront envoyés.

Près de 7000 migrants dans la région

L’OIM gère sept sites dans le pays, dont cinq dans la région de Krajina, abritant près de 7 000 personnes. Les structures installées à proximité des villes de la région, tels que Bira, rassemblent à eux seuls près de la moitié des migrants.

Ces dernières semaines, des campements improvisés peuplés de migrants expulsés des centres-villes se sont multipliés dans les bois, des bâtiments abandonnés ou sur le bord des routes, en périphérie des villes principales Krajina.

La région partage une frontière très poreuse de 1 000 kilomètres avec la Croatie, membre de l'Union européenne (UE), ce qui en fait un pôle d'attraction majeur pour les migrants qui traversent la Bosnie et espèrent rejoindre les pays d’Europe de l’ouest.

L'UE a fourni à la Bosnie un financement d'urgence de 60 millions d'euros, dont la majeure partie est destinée aux camps de migrants gérés par l'OIM.

La Bosnie est devenue un goulot d'étranglement pour des milliers de migrants à destination de l'Europe il y a trois ans, lorsque d'autres pays des Balkans ont fermé leurs frontières.

 

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