En Bosnie, des milliers de migrants vivent dans les bois ou dans des bâtiments abandonnés. Crédit : Reuters
En Bosnie, des milliers de migrants vivent dans les bois ou dans des bâtiments abandonnés. Crédit : Reuters

Deux personnes sont mortes mercredi soir après des affrontements entre des migrants afghans et pakistanais lors du démantèlement du camp de Bira , au nord-ouest de la Bosnie. Dix-huit autres exilés ont été blessés, dont 10 grièvement.

Mercredi 30 septembre au soir, des violences entre des migrants originaires d'Afghanistan et du Pakistan ont éclaté dans le camp de Bira situé dans la ville de Bihac, au nord-ouest de la Bosnie, non loin de la frontière croate.

Deux exilés ont été tués dans les affrontements et dix-huit autres personnes ont été blessées, dont 10 grièvement, a indiqué Ale Siljdedic, porte-parole de la police régionale.

Ce drame intervient au moment où les autorités ont entrepris le démantèlement de ce camp géré par l'Organisation internationale des migrations (OIM). Mercredi, quelque 350 migrants ont été envoyés dans le camp de Lipa, à une cinquantaine de kilomètres de Bihac, alors que d'autres ont été abandonnées à leur sort dans les bois. 

"Ces actions irresponsables mettent des vies en danger"

Le site construit en avril, déjà plein et uniquement équipé de tentes, n'est "fait que pour un temps estival", a prévenu Peter Van der Auweraert, coordinateur de la mission de l’OIM en Bosnie-Herzégovine. "[Les personnes évacuées] vont passer la nuit (et les prochaines) dans le froid sans abri, malheureusement, inhumainement et inutilement", a dénoncé le représentant de l’agence onusienne sur Twitter.

La délégation de l'Union européenne (UE) en Bosnie a également condamné ces transferts. "Des centaines de personnes sont laissées dans des conditions météorologiques difficiles, sans-abri et sans accès à une assistance. Ces actions irresponsables mettent des vies en danger", a déclaré l'UE dans un communiqué, exhortant les autorités nationales à intervenir pour empêcher toute crise humanitaire.

La Bosnie est devenue un goulot d'étranglement pour des milliers de migrants à destination de l'Europe il y a trois ans, lorsque d'autres pays des Balkans ont fermé leurs frontières. Environ 10 000 exilés vivent actuellement en Bosnie, dont une partie dort à la rue, les bois, des bâtiments abandonnés ou encore au bord des routes.

 

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