Des migrants au port italien de Pozzallo, après avoir été secourus par un navire humanitaire, le 2 septembre 2019. Crédit : Reuters.
Des migrants au port italien de Pozzallo, après avoir été secourus par un navire humanitaire, le 2 septembre 2019. Crédit : Reuters.

Le gouvernement italien a annoncé mardi une série de lois visant à assouplir les mesures anti-migrants votées sous l'ère Salvini, l'ancien ministre de l'Intérieur qui avait fait de la régulation de l'immigration sa priorité.

"Un mur a été abattu en Italie. Nous avons mis du temps, un peu trop longtemps, mais maintenant les soi-disant 'décrets de sécurité' de Salvini ne sont plus." Comme le ministre du Sud, Giuseppe Provenzano, plusieurs voix se sont félicitées mardi 6 octobre de l'assouplissement d'un certain nombre de lois anti-migrants adoptées il y a 16 mois par le gouvernement de Matteo Salvini.

L'ancien ministre de l'Intérieur avait fait de la répression des migrants sa priorité. Le chef du parti d'extrême-droite la Ligue avait proclamé la politique des "ports fermés" et avait, entre autres, mis fin aux permis de séjour de deux ans pour "protection humanitaire" dont bénéficiaient 25% des exilés en 2017.

L'asile n'était accordé qu'à ceux qui risquaient d'être torturés s'ils étaient rapatriés et les sanctions contre les navires humanitaires portant secours aux migrants en Méditerranée et leurs capitaines étaient très sévères : les bateaux pouvaient être confisqués et les capitaines risquaient une amende pouvant aller jusqu'à un million d'euros.

De nouvelles lois

Le nouveau gouvernement italien, une coalition entre le Mouvement 5 Étoiles et le Parti démocrate, entré dans la majorité à la place de la Ligue, a ainsi annoncé mardi que les ONG qui effectuent des sauvetages dans le respect du droit maritime et en coordination avec les autorités nationales ne seront plus condamnées à des amendes en vertu de la nouvelle loi. Les activités illégales seront en revanche sanctionnées par des amendes allant de 10 000 à 50 000 euros, et une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à deux ans.

La nouvelle loi réintroduit également l'utilisation de centres d'accueil plus petits pour les demandeurs d'asile, supprimés par Matteo Salvini. En outre, les migrants ayant obtenu un permis de séjour auront la possibilité de le convertir en permis de travail, selon le gouvernement.

Une protection spéciale sera désormais offerte également à ceux qui risquent d'être soumis à des traitements inhumains ou dégradants, ou de voir leur droit à la vie privée et familiale violé.

"Le gouvernement ouvre les portes et les ports aux migrants clandestins", a tweeté pour sa part Matteo Salvini, ajoutant : "L'Italie mérite mieux". Le chef de la Ligue est actuellement en prise avec la justice italienne pour "séquestration de migrants" dans deux affaires liées à des blocages de navires ayant secouru des migrants en mer Méditerranée l'année dernière.

Reste qu'à la date du 6 octobre, aucun navire humanitaire n'était présent au large des côtes libyennes. Plusieurs d'entre eux sont en effet bloqués par les autorités italiennes pour des "irrégularités techniques".

 

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