Un bateau de la Border Force, la police aux frontières britannique, dans la Manche. Crédit : Picture-alliance/empics/V.Jones
Un bateau de la Border Force, la police aux frontières britannique, dans la Manche. Crédit : Picture-alliance/empics/V.Jones

Le gouvernement anglais cherche un moyen de mettre en place "au cours des prochains mois" un filet le long de ses côtes afin d'immobiliser les embarcations de migrants. Il espère pouvoir ensuite les raccompagner vers la France.

Le plan du gouvernement britannique pour empêcher l’immigration illégale par la Manche se précise. Dans une interview accordée au Sunday Telegraph, Dan O'Mahoney, nommé voilà deux mois par la ministre de l’Intérieur Priti Patel aux commandes de la lutte contre les traversées clandestines, a révélé que les "filets" étaient l'une des nombreuses méthodes que les autorités pourraient ”déployer au cours des prochains mois" pour empêcher les canots de migrants de rejoindre les côtes de Douvres.

“Le problème actuel est que les Français n'acceptent pas de ramener [les migrants] en France", a-t-il déclaré afin de justifier le retard pris dans le déploiement de cette barrière maritime.

Les filets devraient permettre de bloquer les hélices et d’immobiliser les embarcations, a précisé Dan O'Mahoney. Ancien militaire, il a reconnu que cette méthode avait été testée par la Marine nationale britannique, sans en dévoiler davantage sur la manière dont cette barrière serait disposée. "Étant donné que nous ne les utilisons pas encore, je n'ai pas la liberté d'entrer dans les détails... Nous travaillons avec les départements de sécurité maritime, les forces de l'ordre et l'armée, avec tout le gouvernement, afin de trouver de nouvelles tactiques pour s'attaquer à ce problème", a-t-il dit.

Les migrants illégaux seront renvoyés en France

Le gouvernement britannique travaille depuis plusieurs mois sur les modalités de création d’une frontière maritime dans la Manche. Plusieurs techniques ont été évoquées, dont la pose de barrages dans certaines zones de la Manche ou encore la possibilité de relier des petits bateaux entre eux pour former une barrière.

Londres est même allé plus loin, réfléchissant à un moyen d'installer en pleine mer des navires avec des pompes générant des vagues qui forceraient les canots de migrants à retourner vers les côtes françaises. Cette dernière mesure a été rapidement écartée, les risques de chavirage des embarcations surchargées étant trop importants.

>> À (re)lire : Douze personnes arrêtées pour trafic de migrants à travers la Manche.

Dans le dispositif présenté par Dan O'Mahoney, les migrants interceptés grâce aux filets, seraient ensuite raccompagnés “en toute sécurité” en France. Le chef de la lutte contre les traversées illégales en Manche, sous-entend ainsi que les personnes interpellées ne poseraient pas un pied sur le sol britannique.

Il a aussi assuré que l’intervention sur les embarcations ne mettraient pas en danger la vie des passagers. Il a insisté sur le fait que la première priorité de son équipe est de sauver la vie des personnes qui se sont lancées dans ces traversées.

Le nombre de migrants accostant au Royaume-Uni dans de petites embarcations bat des records cette année. Il a presque quadruplé, jusqu'à dépasser les 7 000 arrivées par la Manche depuis le début de 2020.

 

Et aussi