Secouru dans l’Océan Atlantique, ce migrant a été débarqué au port d’Arguineguin sur l’île de Gran Canaria, le 5 janvier 2020. Crédit : Reuters
Secouru dans l’Océan Atlantique, ce migrant a été débarqué au port d’Arguineguin sur l’île de Gran Canaria, le 5 janvier 2020. Crédit : Reuters

Plus de 600 personnes ont atteint les côtes espagnoles samedi et dimanche. Près de la moitié ont été secourus au large des îles de Tenerife et Lanzarote, non loin des côtes marocaines, confortant l’idée d’une réactivation de la route migratoire des Canaries.

Week-end à nouveau chargé pour les secours espagnols. Presque 300 migrants ont été interceptés dimanche 18 octobre au large des îles de Tenerife et Lanzarote. Au total, huit canots ont été repérés sur cette route migratoire des Canaries. 

Les sauvetages ont commencé tôt dimanche, vers 1h15, quand un premier bateau a été aperçu au large de Grande Canarie à bord duquel voyageaient 29 hommes. Presque au même moment, non loin de là, un deuxième bateau occupé par 21 personnes, dont un mineur et une femme, a été secouru. Vers 4h, un troisième canot a été repéré vers Lanzarote, avec à son bord 23 occupants, dont quatre femmes.

Une embarcation a pu, quant à elle, atteindre les côtes de Lanzarote sans être interceptée par les secours, ce qui a permis à ses occupants de se disperser dans la région. 

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Quatre heures plus tard, vers 8 heures, un navire de sauvetage, alerté par la Garde civile, est parti à la recherche d’un canot qui naviguait à huit kilomètres au sud de Tenerife avec 112 personnes à bord.

Ce même navire a ensuite porté secours à deux embarcations de 51 personnes. Enfin un dernier canot de 21 personnes, toutes d’origine maghrébine, a été secouru en fin de matinée.

À quelques centaines de kilomètres de là, en Andalousie, quelque 300 personnes réparties sur des dizaines d’embarcations, dont plusieurs mineurs et au moins deux bébés, ont été secourues ce samedi et dimanche, selon les chiffres des autorités et de la Croix-Rouge. Parmi elles, 186 ont été transférées au port d'Almería, 19 ont atteint Motril (Grenade) et 123 ont été débarquées dans la province de Cadix.

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Une nouvelle route migratoire depuis la Mauritanie

La situation délétère en Libye et le renforcement des contrôles maritimes dans le nord du Maghreb (notamment à Ceuta et Melilla) ont poussé ces derniers mois des milliers de migrants à tenter le passage vers le Vieux continent via d’autres routes migratoires. Ainsi, du 1er janvier au 30 septembre, 6 081 migrants sont arrivés aux Canaries, soit six fois plus que pour la même période de 2019, selon le ministère espagnol de l'Intérieur.

"Les principaux lieux de départs sont opérés depuis le sud du Maroc (…) Les réseaux de passeurs se sont organisés, renvoyant les migrants vers les côtes sud-marocaines, à la frontière avec le Sahara occidental, moins contrôlées que celles du nord", expliquait le mois dernier à InfoMigrants Aldo Liga, un expert des flux migratoires. "(…) Cette année, 25% des départs vers les Canaries se font depuis les côtes mauritaniennes. Jusqu'à l'année dernière, personne n'empruntait ce pays pour rejoindre l'archipel espagnol".

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