Des migrants marchent dans les rues de Calais, en octobre 2019. Crédit: Mehdi Chebil pour InfoMigrants
Des migrants marchent dans les rues de Calais, en octobre 2019. Crédit: Mehdi Chebil pour InfoMigrants

L’arrêté interdisant aux associations non mandatées par l'État de distribuer des repas aux migrants dans une partie du centre-ville de Calais a été de nouveau prolongé par la préfecture du Pas-de-Calais.

La préfecture du Pas-de-Calais a de nouveau prolongé l’arrêté interdisant aux associations d’aide aux migrants non mandatées par l’État de distribuer de la nourriture à proximité du centre-ville de Calais.

Selon les autorités, cette mesure aurait "permis de réduire" les troubles à l'ordre public.

Dans un communiqué, la préfecture a indiqué que le nouvel arrêté – entré en vigueur le 16 novembre – étendait légèrement le périmètre de l’interdiction, incluant un nouveau quai à proximité du port.

Comme ceux pris les 10 et 30 septembre, ce nouvel arrêté vise à éviter les "distributions spontanées de repas" sur la voie publique, dont la "multiplication" cet été avait entraîné, selon la préfecture, "de nombreux troubles à l'ordre public".

Les associations qui viennent en aide aux migrants à Calais s’étaient insurgées contre l’interdiction qui leur a été faite de distribuer de la nourriture aux centaines d’exilés qui vivent dans la ville et dans les alentours en attendant de pouvoir passer au Royaume-Uni.

>> À lire : Calais : "On continuera à distribuer de la nourriture là où il y aura des exilés"

Saisis en urgence par une dizaine de ces associations, le tribunal administratif de Lille et le Conseil d'État avaient néanmoins refusé respectivement les 22 et 25 septembre de suspendre l'arrêté initial.

Depuis début octobre, l'unique association mandatée par l'État, La vie active, effectue des maraudes alimentaires "mobiles" permettant de "limiter les rassemblements de personnes", au cours desquelles les migrants "se voient remettre un repas complet et de l'eau en bidon", poursuit le communiqué du préfet.

"Les maraudes suivent deux circuits pré-déterminés en périphérie de la ville", l'un desservant l'est de Calais, l'autre une zone autour du Fort Nieulay à l'ouest. "Ces maraudes alimentaires font deux passages, à minima, sur chaque circuit dédié", précise-t-il.

Les associations, elles, ont estimé que ces nouvelles maraudes alimentaires étaient "une opération de communication". François Guennoc, de l’Auberge des migrants, avait notamment déclaré à InfoMigrants, que le parcours initial prévu par les autorités n'était pas respecté.

Par ailleurs, selon lui, ces distributions n'atteignent pas l'ensemble des exilés vivants à Calais. "On estime que 400 repas ont été distribués [jeudi 8 octobre, NDLR], 200 le matin et 200 l'après-midi. Or il y a entre 550 et 600 migrants en ce moment à Calais" malgré les évacuations de campements de la semaine dernière, expliquait-il début octobre à InfoMigrants.

Selon l'arrêté, 71 811 repas ont été distribués aux migrants au mois de septembre, soit une moyenne de 2 394 repas par jour. Entre le 1er et le 13 octobre, 14 964 repas ont été distribués, soit 483 par jour en moyenne.

La préfecture assure que depuis son opération d'évacuation du 29 septembre, qui avait permis de "mettre à l'abri" quelque 600 personnes, "le nombre de migrants dans le Calaisis a nettement diminué", sans donner de chiffre précis.

 

Et aussi