Le Refuge solidaire de Briançon, une halte sur la route des migrants. Crédit :Julien Benard / Hans Lucas
Le Refuge solidaire de Briançon, une halte sur la route des migrants. Crédit :Julien Benard / Hans Lucas

Le nouveau maire de Briançon a accordé un délai de six mois au Refuge solidaire pour évacuer ses locaux. Arnaud Mugia avait demandé que la structure, mis a disposition par la communauté de communes du Briançonnais, soit vidée au plus tard le 28 octobre.

Léger sursis pour le Refuge solidaire. Menacé de fermeture par le nouveau maire Les Républicains (LR) de Briançon, le centre d'hébergement d'urgence de la ville a obtenu un délai de six mois pour évacuer les locaux. Depuis 2017, la structure accueille les migrants arrivant par la frontière franco-italienne.

L'édile Arnaud Murgia avait signifié fin août à l'association qu'il ne procéderait pas au renouvellement de la convention d'occupation des lieux. Le nouveau maire avait initialement demandé que le bâtiment mis à disposition par la communauté de communes du Briançonnais (CCB) soit vidé dans "un délai de deux mois", soir le 28 octobre.

Une structure qui a montré "ses limites" selon le maire

Expliquant sa décision, l'élu avait dit souhaiter "sortir d'une gestion associative qui a montré ses limites concernant le respect des règles d'hébergement et de sécurité".

Cette décision avait provoqué un tollé. Les associations d'aide aux migrants avaient dénoncé une "grave entrave aux opérations de secours des exilés" et publié, fin septembre dans Libération, un appel signé par de nombreuses personnalités.

"On est tout à fait d'accord pour trouver un lieu plus adapté, mais pas d'accord du tout pour fermer sans alternative", avait affirmé à l'AFP Philippe Wyon, un porte-parole du Refuge qui ne comptait pas "remettre gentiment les clés" fin octobre.

Environ 10 000 migrants accueillis depuis trois ans

"Je leur ai fait la proposition de leur accorder un délai de grâce de six mois avant de quitter les lieux, soit jusqu'à la fin de la trêve hivernale, ce qu'ils ont accepté à l'unanimité", a indiqué jeudi à l'AFP Arnaud Murgia, confirmant une information du quotidien régional Le Dauphiné Libéré.

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"La question migratoire et de l'hébergement d'urgence ne peut être réalisée que dans l'État de droit, avec des professionnels et dans un cadre réglementaire", a-t-il ajouté, affirmant vouloir rénover le bâtiment pour y accueillir un Centre d'accueil de demandeurs d'asile (CADA).

Créé en juillet 2017, le Refuge solidaire a accueilli plus de 10 000 migrants pour de courts séjours. Les exilés, épuisés, y trouvent une aide et une occasion de se reposer, de prendre une douche et surtout de manger après avoir marché de longues heures à travers la frontière alpine.

 

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