Image d'illustration d'un agent Frontex portant un brassard de l'agence européenne de surveillance des frontières. Crédit : Twitter @Frontex
Image d'illustration d'un agent Frontex portant un brassard de l'agence européenne de surveillance des frontières. Crédit : Twitter @Frontex

Selon une enquête réalisée par plusieurs médias, l'agence européenne de surveillance des frontières n'aurait pas porté assistance à plusieurs bateaux de demandeurs d'asile traversant la mer Égée. Elle en aurait même bloqué certains.

L'agence européenne de surveillance des frontières est mise en cause par une enquête réalisée par plusieurs médias selon laquelle des agents de Frontex ont été impliqués dans plusieurs incidents de refoulement de bateaux de demandeurs d'asile en mer Égée, entre la Turquie et la Grèce.

Les investigations menées "montrent pour la première fois que les responsables de Frontex sont conscients des pratiques illégales des gardes-frontières grecs, et sont en partie impliqués dans les refoulements eux-mêmes", écrit l'hebdomadaire allemand Der Spiegel dans un article mis en ligne samedi 24 octobre.

Six cas ont été documentés par les journalistes du Spiegel, en collaboration avec le magazine de la chaîne allemande ARD, le collectif de journalistes "Lighthouse Reports", la plateforme d'investigations "Bellingcat" et la chaîne de télévision japonaise "TV Asahi".

Au cours de ces événements survenus depuis le mois d’avril, les équipes de Frontex ont, au minimum, assisté sans réagir à des refoulements vers la Turquie de bateaux de rmigrants cherchant à rejoindre les îles grecques de la mer Égée, affirment les journalistes.

Une vidéo tournée en juin montre un navire de Frontex bloquant un bateau d'exilés, puis, dans une autre scène enregistrée, passant devant le bateau de migrants à grande vitesse avant de quitter les lieux.

Refoulements par des garde-côtes grecs

InfoMigrants a déjà reçu des témoignages et vidéos de garde-côtes grecs ayant agi de cette manière face à une embarcation de demandeurs d'asile venant de Turquie.

“Les garde-côtes sont montés sur de petits canots et sont venus à notre rencontre. Ils nous ont demandé de leur donner notre bidon d'essence. Puis, ils nous ont lancé une corde. Nous pensions qu'ils nous dirigeaient vers Lesbos mais, en fait, ils nous ont emmenés en plein milieu de la mer. Ils nous ont laissés là et sont repartis", avait raconté Samuel* à InfoMigrants en mai dernier.

À la mi-août, des soldats de l’armée allemande avaient confirmé les accusations visant les garde-côtes grecs en assurant que des embarcations se dirigeant vers la Grèce avaient été repoussées vers les eaux territoriales turques. 

Le ministre des migrations grec, Notis Mitarachi, avait alors affirmé qu’il s’agissait du résultat d’une "propagande" menée par des réseaux de passeurs.

"Incidents en mer"

L'agence européenne de surveillance des frontières a mobilisé plus de 600 agents en Grèce, une des portes d'entrée de l'UE, ainsi que des bateaux, des drones et des avions, selon l'article.

Sans mentionner l'article la mentant en cause, Frontex a indiqué vendredi soir sur son compte Twitter avoir été "en contact avec les autorités grecques à propos d'incidents en mer ces derniers mois" et qu'Athènes avait ouvert une "enquête interne".

De son côté, le gouvernement grec a dénoncé, cette fois encore, une "propagande organisée", et des "articles citant comme sources les garde-côtes turcs".

"Notre pays protège ses frontières avec un respect absolu du droit international", s'est défendu samedi le ministre grec de l'Immigration, Notis Mitarachi.

*le prénom a été changé

 

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