Un incendie s'est déclaré dans la nuit de dimanche à lundi dans le camp de Vathy, sur l'île grecque de Samos. Crédit : DR
Un incendie s'est déclaré dans la nuit de dimanche à lundi dans le camp de Vathy, sur l'île grecque de Samos. Crédit : DR

Dans la nuit de dimanche à lundi, un incendie s'est déclaré dans le camp de Vathy, sur l'île grecque de Samos. C'est la deuxième fois en quelques mois qu'une partie du camp prend feu. Aucun blessé n'est à déplorer.

Une quinzaine de tentes ont été détruites dans la nuit de dimanche 1er à lundi 2 novembre par un incendie dans le camp de migrants de Vathy, sur l'île grecque de Samos. Le feu s'est déclaré pour des raisons indéterminées aux premières heures de la matinée. 

"J'ai été réveillé par le son d'une explosion et une odeur de gaz vers 4h du matin. Je suis sorti de mon habitation avec ma femme et mes deux enfants, c'est à ce moment-là que j'ai vu les flammes", raconte à InfoMigrants Franck*, un Congolais vivant depuis plusieurs mois dans le camp. 

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Les pompiers sont intervenus rapidement sur les lieux, maîtrisant l'incendie en quelques heures. Aucun blessé n'est à déplorer, ont précisé les autorités grecques.

Une quinzaine d'habitations à brûlé dans la nuit de dimanche à lundi, dans le camp de Vathy. Crédit : DR
Une quinzaine d'habitations à brûlé dans la nuit de dimanche à lundi, dans le camp de Vathy. Crédit : DR

Mais plusieurs personnes ont "tout perdu", ajoute Franck. "Comme les gens dormaient, ils ont été surpris par le feu et n'ont pas eu le temps de récupérer leurs affaires personnelles ou leur documents administratifs".

Dans la matinée, Médecins sans frontières (MSF) a déployé une équipe dans le camp et distribué des tentes ainsi que des couvertures. 

"Le camp de Vathy n'est pas un endroit sûr"

Depuis des mois, MSF rappelle que "le camp de Vathy n'est pas un endroit sûr". Environ 4 200 migrants vivent au milieu des arbres, à flanc de colline dans ce campement constitué de cabanes en bois, de bâches et de couvertures. L'accès à l'eau et à la nourriture y est limité. 

"Cet incendie est une conséquence de plus des conditions de vie désastreuses de ces milliers de personnes", déplore Faris al-Jawad, porte-parole de MSF en Grèce, joint par InfoMigrants. "Les gens qui y vivent, traumatisés par l'exil, doivent être évacués au plus vite vers un logement sûr", insiste-t-il.

Les autorités grecques prévoient le déplacement de tous les demandeurs d'asile vers le continent et dans un nouveau camp fermé sur Samos, d'une capacité de 1 200 personnes, d'ici le début d'année 2021.

Cet incendie, le deuxième en quelques mois, survient deux jours après un tremblement de terre qui a touché la Grèce et la Turquie et a été ressenti fortement sur l'île grecque de Samos. "On n'a rien compris à ce qu'il se passait", a déclaré à l'AFP Cissokho, un Malien de 20 ans. "J'étais allongé et tout s'est mis à bouger. Tout le monde est sorti des tentes, les gens ont crié..."

Le séisme a cependant fait plus de peur que de mal. De magnitude 7, il n'a fait ni dégâts ni victime dans le camp mais les répliques incessantes continuaient dimanche de faire trembler les tentes et abris de fortune de Vathy. Sur l'ensemble de l'île de Samos, deux adolescents sont morts et une dizaine de personnes ont été blessées.

*Le prénom a été modifié.

 

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