Une vedette des garde-côtes libyens en mer Méditerranée. Crédit : compte Twitter des garde-côtes libyens
Une vedette des garde-côtes libyens en mer Méditerranée. Crédit : compte Twitter des garde-côtes libyens

Cinquante migrants attaquent le gouvernement maltais pour violation de leurs droits. Ces migrants affirment que La Valette a sciemment orchestré l'interception de leur canot par un navire marchand avant d'ordonner leur retour en Libye.

Cinquante migrants, ainsi que les proches de deux hommes morts en mer lors d'une opération de sauvetage coordonnée par Malte, ont porté plainte contre le Premier ministre maltais, le ministre de l'Intérieur et le chef de l'armée maltaise pour non-respect de la Constitution maltaise et de la Convention relative aux droits de l'Homme.

Les plaignants, soutenus par l'organisation maltaise de défense des droits civiques Repubblika, accusent le gouvernement maltais de violations de leurs droits.

En avril dernier, leur canot a été intercepté en mer par un navire marchand, le Dar As Salam 1, alors qu'il naviguait dans les eaux maltaises. Le bateau commercial a ensuite remis les migrants au garde-côtes libyens. Ces derniers les ont acheminés au port de Tripoli. Cinq cadavres se trouvaient également à bord.

L'Organisation internationale des migrations (OIM) avait à l'époque condamné cette action, rappelant que "les personnes secourues en mer ne doivent pas être renvoyées dans un port dangereux".

"Traitements inhumains et dégradants"

Selon les plaignants, cette opération de refoulement a été coordonnée par La Valette. Des propos corroborés par une enquête du New York Times publiée le 30 avril. Le quotidien américain y révélait que les autorités maltaises avaient affrété depuis le début du mois une flotte de navires privés, dont le Dar As Salam 1, afin d'empêcher les migrants d'atteindre l'île et les renvoyer en Libye.

Les cinquante migrants accusent ainsi Malte d'être responsable des "traitements inhumains et dégradants" qu'ils ont subis après leur renvoi en Libye et leur placement en centre de détention. Ils reprochent également au gouvernement maltais d'avoir violé leur "droit à la vie" et de n'avoir pas respecté les obligations du pays qui l'obligent à examiner les demandes d'asile.

Un expert interrogé par le quotidien américain avait prévenu du caractère illégal de cette action de Malte. Celle-ci "pourrait mettre les fonctionnaires de l'État maltais en danger de responsabilité pénale, dans le pays ou à l'étranger", avait déclaré Itamar Mann, expert en droit maritime et des réfugiés à l'université de Haïfa, en Israël.

 

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