Des migrants afghans se préparent à quitter le camp de Doyran près de la rivière Evros, March 2020 | Photo : Mehdi Chebil
Des migrants afghans se préparent à quitter le camp de Doyran près de la rivière Evros, March 2020 | Photo : Mehdi Chebil

Le gouvernement grec travaille sur une nouvelle approche en matière de droit d’asile et pourrait modifier sa législation afin de favoriser les renvois vers la Turquie.

"De nombreuses personnes sont passées par des pays de transit sûrs avant d’arriver en Grèce", a déclaré le ministre grec de la Migration Notis Mitarakis dans une interview accordée à InfoMigrants. "Nous sommes entrain de revoir notre législation, pour décider si nous devons garantir l’asile à des personnes arrivées par des pays dans lesquels elles étaient en sécurité."

Depuis l’accord passé entre l’UE et la Turquie en 2016, les autorités grecques rejettent les demandes faites par des Syriens qu’elles jugent "non admissibles" sur la base de cette idée des pays tiers considérés comme sûrs. Dans l’actuelle loi sur le droit d’asile, le Bureau européen d’appui en matière d’asile (EASO) soutient les décisions de non admissibilité pour toutes les nationalités pour lesquelles le taux de protection est inférieur à 25%. Cependant, les services d’asile grecs ont jusque là seulement suivi ces recommandations pour les Syriens. A en croire les propos de Notis Mitarakis, ce concept pourrait être étendu pour s’appliquer à d’autres nationalités.

"Si quelqu’un vient de l’est et arrive en Turquie, et que cette personne n’est pas en danger en Turquie, elle ne devrait pas déposer une demande d’asile en Grèce", estime le ministre. 

Les Afghans pourraient être renvoyés

Par ailleurs, dans son interview à InfoMigrants, Notis Mitarakis soutient qu’il existe d’autres pays pour des retours en sécurité, à l’image de l’Afghanistan, où se trouveraient "beaucoup de régions sûres".

"Des personnes peuvent choisir de retourner dans leur pays, pas nécessairement dans le village dans lequel elles sont nées, mais peut-être dans d’autres parties du pays", précise le ministre.

La municipalité a retiré les bancs dans le Victoria Square à Athènes, où dorment des réfugiés sans abris, octobre 2020 | Photo : Marion MacGregor/InfoMigrants
La municipalité a retiré les bancs dans le Victoria Square à Athènes, où dorment des réfugiés sans abris, octobre 2020 | Photo : Marion MacGregor/InfoMigrants

Notis Mitarakis a aussi confirmé à InfoMigrants que son gouvernement souhaite accélérer les procédures d’asile et limiter la durée des procédures d’accueil.

"Nous avons doublé le nombre de décisions en matière d’asile chaque année. Nous réduisons le retard, nous essayons de ne pas accuser de retard en 2021. Cela signifie que les personne souhaitant venir en Grèce ne bénéficieront seulement d’un logement et d’aides pendant quelques mois, au lieu de plusieurs années. 

Selon le ministre des Migrations, les demandeurs d’asile pourraient recevoir une décision finale un mois après leur arrivée en Grèce et les allocations de l’Etat se termineraient alors très le troisième mois.

Traduction : Marco Wolter

 

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