Démantèlement du camp de Saint-Denis, le 17 novembre 2020. Crédit : @utopia_56
Démantèlement du camp de Saint-Denis, le 17 novembre 2020. Crédit : @utopia_56

Les forces de l'ordre ont procédé mardi matin à l'évacuation du vaste campement de migrants situé sous une bretelle d'autoroute au pied du Stade de France, à Saint-Denis, en région parisienne. Plus de 2 000 personnes s'y étaient progressivement installées depuis le mois d'août.

Les forces de l'ordre ont procédé mardi 17 novembre, à l’aube, à Saint-Denis, au pied du Stade de France, au démantèlement du plus grand campement de migrants de la capitale. Près de 2 000 personnes vivaient là, dans une précarité extrême depuis plusieurs mois. 

Encadrée par un important dispositif policier, l'opération d'évacuation et de mise à l'abri des exilés vers différents centres d'accueil et gymnases d’Île-de-France a débuté vers 7h, loin des journalistes tenus à distance. Dès 4h30, des migrants munis de leurs affaires attendaient d'être pris en charge.

Des migrants gazés par les forces de l'ordre

Selon des associations présentes, les forces de l'ordre ont aspergé de gaz lacrymogène des migrants dont des enfants attendant de monter dans ces bus.

Les associations restent sceptiques sur la stratégie du gouvernement de démanteler régulièrement les campements informels : elles y voient un "cycle sans fin et destructeur".

Le camp était principalement constitué d'hommes seuls, originaires en grande majorité d'Afghanistan, mais également du Soudan, d'Ethiopie et de Somalie. Beaucoup étaient auparavant passés par d'autres campements à Paris, successivement démantelés.

Au petit jour, des feux de palettes étaient visibles depuis le cordon de sécurité mis en place par les forces de l'ordre. Les migrants y brûlaient les affaires qu’ils ne pouvaient pas emmener avec eux. 

"Ces camps ne sont pas acceptables", a déclaré lors d'un point presse le préfet de police de Paris, Didier Lallement. "Cette opération a lieu pour faire en sorte que les personnes en situation régulière soient mises à l'abri et [distinguer] celles qui, en situation irrégulière, n'ont pas vocation à rester sur le territoire", a-t-il expliqué.

Toutes les personnes prises en charge feront dans un premier temps l'objet d'un test au Covid-19 dans des centres de dépistage mis en place par l'ARS (Agence régionale de santé), avant d'être soit isolées dans un premier temps, en cas de résultat positif, soit immédiatement mises à l'abri. 

En tout, 70 bus devaient acheminer les migrants alors que 26 centres d'hébergement ont été mis en place par la Préfecture de région d’Île de France (Prif) pour les accueillir.

Lors du premier confinement, entré en vigueur le 17 mars, un important camp de 700 migrants situé à Aubervilliers, avait été démantelé le 24 mars. La dernière évacuation en date remontait, elle, à juillet, dans la ville voisine d'Aubervilliers. Les premières tentes sont apparues à Saint-Denis, toujours le long du canal, dès la mi-août.

Alix Geoffroy, chargée de programme CEDRE-Secours catholique, à la fois "soulagée" et "inquiète" par cette mise à l'abri, souhaite qu'"il y ait une pause de la rue pour ces personnes le temps du confinement". "Le prochain campement sera-t-il encore plus éloigné en banlieue, éloigné des douches, des distributions alimentaires et des démarches administratives ?", se demande-t-elle.

 

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