Un groupe de migrants sur la plage de Pozo Izquierdo, sur l'île espagnole de Grande Canarie, le 23 novembre 2020. Crédit : REUTERS/Borja Suarez
Un groupe de migrants sur la plage de Pozo Izquierdo, sur l'île espagnole de Grande Canarie, le 23 novembre 2020. Crédit : REUTERS/Borja Suarez

Le gouvernement espagnol a promis vendredi la création de 7 000 places d’hébergement dans les îles Canaries pour aider cet archipel de l’océan Atlantique à faire face à une vague d’arrivées de personnes migrantes.

La situation s’aggrave de jour en jour dans les Canaries où des centaines de personnes migrantes dorment à la rue. Le gouvernement espagnol a promis vendredi 20 novembre de construire un camp et de fournir des abris pour 7 000 personnes.

Une délégation des autorités judiciaires s'est rendue dans le port d'Arguineguin, sur l'île de la Grande Canarie, pour évaluer la situation et déterminer si les pouvoirs publics ont commis des erreurs. Sur les quais de ce port, plus d'un millier de personnes vivent, bloquées, dans des "conditions inhumaines", a dénoncé le maire.

>> A lire : Reportage : Aux Canaries, face à l’afflux de migrants, "la situation devient ingérable"

José Luis Escriva, ministre de l'Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations, a annoncé l'installation prochaine de "tentes et campements d'urgence qui nous permettront d'atteindre 7 000 places".

Ces nouvelles places d’hébergement doivent permettre de transférer les quelque 5 500 migrants logés dans des hôtels, vides de touristes à cause de la pandémie de coronavirus, mais aussi tous ceux qui se trouvent toujours sur le quai du port d'Arguineguín. Leur nombre était encore supérieur à un millier vendredi.

Ce plan d'accueil sera financé grâce à 84 millions d'euros de fonds européens, a précisé José Luis Escrivá.

Pas de transfert vers la péninsule espagnole

"Nous sommes confrontés à une tragédie humaine et personne ne peut ou ne doit détourner le regard", a déclaré la ministre de la Défense, Margarita Robles. Son ministère avait déjà mis un ancien entrepôt militaire à disposition pour y abriter 800 personnes.

Le président du gouvernement régional, Ángel Victor Torres, qui accompagnait José Luis Escrivá, a, lui, de nouveau réclamé qu'une partie de ces migrants soient transférés vers la péninsule espagnole pour alléger la pression sur le système d'accueil local.

Mais sa demande a été rejetée par le ministre de l'Intérieur espagnol, Fernando Grande-Marlaska, qui rencontrait au même moment son homologue marocain, Abdelouafi Laftit, à Rabat.

Le gouvernement a également annoncé le renforcement du service de sauvetage en mer dans la région ainsi qu’une offensive diplomatique lancée par Madrid dans plusieurs pays africains pour que les gouvernements concernés empêchent les départs et reprennent leurs ressortissants refoulés par l'Espagne.

Depuis le début de l'année, plus de 18 000 migrants africains sont arrivés dans cet archipel espagnol situé au large des côtes nord-ouest de l'Afrique, soit près de douze fois plus que durant la même période de l'an dernier, selon des chiffres du ministère espagnol de l'Intérieur.

 

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