Un migrant à terre à Paris avoir été stoppé dans sa course par le croche-pied d'un policier, lundi 23 novembre. Crédit : capture d'écran Twitter
Un migrant à terre à Paris avoir été stoppé dans sa course par le croche-pied d'un policier, lundi 23 novembre. Crédit : capture d'écran Twitter

Une enquête a été ouverte pour "violences par personne dépositaire de l'autorité publique" à la suite d'un croche-pied fait sur un migrant par un policier à Paris lundi soir, en marge du démantèlement brutal du camp de République.

Une enquête a été ouverte pour "violences par personne dépositaire de l'autorité publique" à la suite d'un croche-pied fait sur un migrant par un policier à Paris dans la soirée de lundi 23 novembre, a appris l'AFP mardi auprès du parquet de Paris. Les faits se sont déroulés dans le quartier de Beaubourg, dans le centre de Paris, en marge du démantèlement du campement de migrants installé place de la République, opération policière émaillée de violences.

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Dans plusieurs vidéos, tournées notamment par des journalistes et diffusées sur les réseaux sociaux, un homme migrant vêtu de blanc est vu en train d'être encerclé par un groupe de policiers. Il parvient à s'enfuir mais un policier en uniforme tend sa jambe sur son passage, ce qui provoque la chute de cet homme, qui se relève rapidement pour repartir en courant.


L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été chargée d'enquêter sur ces faits visibles. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé mardi avoir "demandé à l'IGPN (la "police des polices") de remettre ses conclusions sous 48h" concernant une enquête administrative sur les violences observées lors de cette évacuation, "des faits inacceptables", parmi lesquels ce croche-pied.

Migrant éjecté d'une tente, coups de matraque, gaz lacrymogènes

Ces faits de violences s'ajoutent à d'autres images, qualifiées de "choquantes" par le ministre de l'Intérieur lui-même. Sur certaines d'elles, des migrants sont sortis de leur tente par la force, une tente est soulevée par des policiers puis retournée afin que son occupant tombe au sol, des migrants reçoivent des coups de matraque ou encore sont aspergés de gaz lacrymogène.

Plusieurs centaines de migrants, en errance depuis l'évacuation du camp de Saint-Denis la semaine dernière, avaient monté lundi un nouveau campement dans le centre de Paris, en guise d'opération de communication pour réclamer des hébergements, mais les forces de l'ordre les ont évacués sans ménagement dans la soirée, allant jusqu'à les chasser à l'extérieur de Paris.

Selon le parquet de Paris, deux gardes à vue étaient par ailleurs en cours mardi en début d'après-midi pour des faits de violences sur personne dépositaire de l'autorité publique et outrage à personne dépositaire de l'autorité publique, lors de cette évacuation.

La défenseure des Droits Claire Hédon a de son côté annoncé à l'AFP qu'elle se saisissait des faits survenus lundi soir. Plusieurs associations, parmi lesquelles Médecins du monde et le Secours catholique, ont fait part en outre de leur intention de saisir cette instance.

 

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