Image d'archives d'un camp du nord de Paris. Crédit : InfoMigrants
Image d'archives d'un camp du nord de Paris. Crédit : InfoMigrants

Le gouvernement a annoncé mardi la création de 240 places d'hébergement supplémentaires en région parisienne pour les migrants à la rue. Or selon les associations, environ 1 000 personnes vivent toujours sur les trottoirs du nord de la capitale. Si les autorités n'augmentent pas les capacités d'accueil, "nous serons à nouveau présent.e.s dès samedi soir dans un lieu symbolique de Paris avec ceux que les pouvoirs publics abandonnent à la rue", prévient Utopia 56.

"Tout ça pour ça ! C'est ridicule." L'annonce mardi 24 novembre de la création de 240 places supplémentaires pour mettre à l'abri les migrants vivant à la rue a fait bondir Yann Manzi, fondateur d'Utopia 56.

Dans un tweet publié mercredi, la ministre déléguée au Logement, Emmanuelle Wargon, a affirmé que "cent quarante-deux personnes ont pu être hébergées ce soir". "Avec les 103 places débloquées hier, on arrive à 245 personnes mises à l'abri", a-t-elle indiqué.

Un chiffre trop faible selon les associations. "Il faut plus de places que cela !", réclame Yann Manzi. "C'est largement insuffisant, c'est un petit bout de sparadrap sur de grosses plaies", répond pour sa part Corinne Torre, de Médecins sans frontières (MSF). "Il faut mener une réflexion de fond sur la mise en place d'un hébergement pérenne et arrêter de travailler dans l'urgence", insiste-t-elle.

Environ 1 000 migrants toujours à la rue

Le gouvernement, de son côté, se félicite que 3 000 migrants aient été pris en charge lors du démantèlement du camp de Saint-Denis la semaine dernière.

Mais, selon les associations, au moins 1 000 personnes sont toujours livrées à elles-mêmes dans le nord de Paris, après être restées sur le carreau suite à ce même démantèlement. Des chiffres corroborés par ceux du collectif Solidarité migrants Wilson qui assure avoir distribué mardi soir environ 1 000 repas aux exilés.

Si les autorités n'augmentent pas les capacités d'accueil, "nous serons à nouveau présent.e.s dès samedi soir dans un lieu symbolique de Paris avec ceux que les pouvoirs publics abandonnent à la rue", prévient Utopia 56 dans un communiqué, deux jours après l'opération coup de poing place de la République qui a provoqué une vague d'indignation.

"Chasse à l'homme"

En attendant, des centaines de migrants vivent donc toujours dehors, en pleine crise sanitaire. "Ils sont éparpillés en petits groupes en périphérie de Paris, vers Saint-Ouen, Aubervilliers, Saint-Denis, ou encore Gennevilliers", constate Philippe Caro du collectif Solidarité migrants Wilson. 

>> À (re)lire : France : "Les violences policières contre les migrants sont devenues la norme"

Toutes les nuits, les exilés se cachent de la police, qui les délogent quand ils les rencontrent, signalent les militants. "Ça fait une semaine qu'on n'a nulle part où aller. J'ai encore marché toute la nuit. Je marche, je marche, je marche. Quand j'essaie de m'allonger dans un square pour dormir, la police me déloge. Je leur dis 'mais je vais où?', ils répondent 'on s'en fout, va t'en'", raconte un demandeur d'asile à l'AFP.

"On les rend de nouveau invisibles, rien n'a changé depuis lundi soir", souffle Philippe Caro, qui parle d'une véritable "chasse à l'homme".

 

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