La fausse page de l'Ofii se présente de cette facon. Capture d'écran Facebook
La fausse page de l'Ofii se présente de cette facon. Capture d'écran Facebook

Une fausse page de l’Office français de l’immigration et de l’intégration publiée sur Facebook demande de l'argent aux personnes en échange de conseils. Selon le directeur de l'Ofii, ce genre d'escroquerie est monnaie courante.

Elle a tout d’une vraie page : le logo de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), la mention "service public et administration", des liens vers des médias, des publications sur les services de l’agence… Mais la page "OFII – Office français de l’immigration et de l’intégration" n’est pas administrée par l’organisme français.

La fausse page de l'Ofii se présente de cette facon. Capture d'écran Facebook
La fausse page de l'Ofii se présente de cette facon. Capture d'écran Facebook


"Ce compte ne nous appartient pas", assure Didier Leschi, directeur général de l’Ofii, joint par InfoMigrants. "Nous allons demander sa suppression auprès de Facebook", ajoute-t-il. Sur cette page, qui reprend notamment des articles d'InfoMigrants, se trouvent des coordonnées qui ont de quoi éveiller les soupçons, notamment une adresse de messagerie électronique que n'importe quel particulier peut ouvrir en quelques clics auprès de Google.

À travers ce faux compte, l’utilisateur se sert de la détresse des gens pour les escroquer. Nadia* en a fait les frais. Début novembre, cette Française originaire du Maghreb est à la recherche d’informations sur la migration et les titres de séjour pour un de ses proches. Elle cherche sur Facebook et tombe sur cette page.

Plusieurs plaintes de l'Ofii

"J’ai envoyé un message via Messenger. L’homme derrière le compte m’a répondu rapidement et m’a donné son numéro Whatsapp", raconte-t-elle. Nadia et l’escroc discutent via cette messagerie. "Je lui pose plein de questions auxquelles il répond avec précision". L’homme la met en confiance et lui demande 300 euros en échange de plus de conseils. Cette somme - "qui lui sera remboursée ultérieurement" - doit régler "les frais de dossier et d’avocat", prétend l’homme.

InfoMigrants a eu accès aux échanges entre Nadia et l'usurpateur.

Nadia ne se méfie pas et lui envoie la somme demandée via la carte bancaire prépayée Transcach. "Je suis allée au tabac, j’ai envoyé l’argent", confie-t-elle. L’escroc va encore plus loin et lui demande ses coordonnées bancaires. C’est à ce moment-là que Nadia réalise qu’elle a affaire à un arnaqueur.

Mais il est trop tard, l’homme a déjà récupéré les 300 euros. Nadia porte plainte. L'Ofii a fait de même.

Selon Didier Leschi, ce genre d’histoires est monnaie courante. "Ce n’est pas la première fois que cela arrive, nous portons régulièrement plainte. La dernière, pour une histoire similaire, remonte à octobre", affirme le directeur de l’Ofii. Parfois, les fraudeurs délivrent de faux documents comme des visas, en échange d’une somme conséquente.

Attention donc aux fausses pages sur Facebook, la page officielle de l'Ofii est toujours la même, rappelle Didier Leschi. Vous pouvez la retrouver en suivant ce lien : https://www.facebook.com/OfiiFr/

De plus, n'envoyez jamais de l'argent sans savoir qui en est le destinataire.

*Le prénom a été modifié.

 

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