Le Sarah, nouveau navire humanitaire allemand, sillonne les côtes canariennes depuis mi-novembre. Crédit : Sarah
Le Sarah, nouveau navire humanitaire allemand, sillonne les côtes canariennes depuis mi-novembre. Crédit : Sarah

Le Sarah, navire de l'ONG allemande éponyme, sillonne depuis deux semaines les côtes canariennes à la recherche d'embarcations de migrants en détresse. Le bateau effectue pour l'heure des missions d'observation, mais espère à terme être opérationnel pour du sauvetage en mer. C'est la première fois qu'un navire humanitaire est présent dans cette zone.

Les migrants changent d'itinéraire, les navires humanitaires s'adaptent. Alors que de plus en plus d'exilés empruntent depuis le début 2020 de nouveau la route des Canaries, abandonnée depuis plusieurs années, une ONG allemande a décidé d'envoyer un bateau sillonner les côtes de l'archipel espagnol à la recherche d'embarcations en détresse. C'est la première fois qu'un navire humanitaire est présent dans cette zone.

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Le Sarah, pour Search and rescue for all human (recherche et sauvetage pour tous les humains, en français), est actif depuis mi-novembre dans l'océan Atlantique. Tous les jours, ce navire de l'ONG allemande éponyme patrouille dans la zone pour "observer la situation et prévenir [les secours] de canots en difficultés", précise à InfoMigrants Markus Grode, chargé de la communication du Sarah. "Lorsqu'on voit une embarcation, on prévient le MRCC espagnol ou les navires commerciaux qui se trouvent à proximité".

"Une surveillance de cette zone est nécessaire"

La première opération de ce genre a eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi. Les sept membres d'équipage ont aperçu deux pirogues avec 29 et 34 personnes à leur bord, qui se trouvaient à environ 40 miles au sud de Grande Canarie. "En concertation avec le MRCC, nous accompagnerons les deux bateaux vers Grande Canarie", signale l'ONG sur son compte Twitter. 

"Le navire des sauveteurs espagnols est arrivé sur les lieux et a mis les personnes en sécurité. Notre équipage est resté à proximité et a documenté l'opération de sauvetage", ajoute le Sarah.

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Le navire n'est pour l'heure pas opérationnel pour effectuer des opérations de sauvetage, mais espère l'être d'ici quelques semaines. Les membres de cette ONG ont déjà une expérience en la matière, la plupart ayant travaillé pour d'autres navires humanitaires qui sillonnaient la Méditerranée centrale, notamment le Lifeline ou le Sea-Eye.


L'équipage du Sarah. Crédit : Sarah
L'équipage du Sarah. Crédit : Sarah


"Nous sommes désormais présents au large des Canaries car il y a des besoins", assure Markus Grode. "Les migrants empruntent de plus en plus cet itinéraire meurtrier. Certains arrivent dans l'archipel complètement déshydratés, d'autres meurent en mer. Une surveillance de cette zone immense est nécessaire pour porter secours aux exilés et éviter que des gens disparaissent sans laisser de trace", estime le chargé de communication du Sarah.

Selon les chiffres de l'Organisation internationale des migrations (OIM), environ 500 personnes sont mortes depuis le début de l'année en tentant d'atteindre les Canaries, mais les ONG redoutent que ce chiffre ne soit en réalité plus élevé. "Beaucoup de migrants meurent en mer sans qu'on ne soit au courant", affirmait mi-novembre à InfoMigrants Txema Santana, porte-parole de la Commission espagnole d'aide aux réfugiés (CEAR).

 

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