Manifestations contre le démantèlement violent du camp de migrants à Paris, le 24 novembre 2020. Crédit : Reuters
Manifestations contre le démantèlement violent du camp de migrants à Paris, le 24 novembre 2020. Crédit : Reuters

Suite au démantèlement particulièrement violent d’un campement de migrants, le 23 novembre, qui s’était installé au centre de Paris, un collectif de 140 médecins a signé, le 5 décembre, une tribune dans le JDD. Ils demandent à l’État français de cesser "immédiatement" les "atteintes aux droits de l’homme" et d’assurer aux migrants des "conditions de vie décentes".

Le démantèlement violent du campement informel de la place de la République, à Paris, le lundi 23 novembre a laissé des traces. Après l’indignation des associations, de collectifs, d’élus politiques, c’est au tour des médecins de lever la voix contre la "brutalité policière". 

Dans la soirée du 23 novembre, des centaines de migrants qui avaient installé leurs tentes au centre de Paris, place de la République, pour réclamer leur prise en charge et leur mise à l'abri par l’État, ont été violemment dispersés par les forces de l’ordre. Sur des images filmées au cours de ce démantèlement, on peut voir des policiers soulever une tente et la retourner pour en faire tomber la personne qui se trouve à l'intérieur. 

>> À relire : "Un cap de violence a été franchi" : à Paris, un nouveau camp de migrants brutalement évacué

Sur d'autres, on y voit des policiers jeter les affaires des migrants dans des camions. Les forces de l'ordre ont également fait usage de gaz lacrymogène et de tirs de LBD pour disperser la foule, majoritairement des Afghans, parmi lesquels des demandeurs d'asile et des réfugiés statutaires.

"Maltraitance d'État organisée"

Dans la première partie de leur tribune, publiée dans le Journal du Dimanche, le 6 novembre, 140 médecins qui exercent partout en France dénoncent en premier lieu ces violences : "Qu'ont fait de grave ces migrants et les associations qui les soutiennent pour mériter un tel traitement ?", écrivent ces praticiens qui ont "juré (…) d’intervenir pour protéger" les personnes "affaiblies, vulnérables, menacées dans leur intégrité ou leur dignité". 

>> À (re)lire : Démantèlement du camp de Saint-Denis : "entre 500 et 1 000" migrants violentés et laissés à la rue

Dans la seconde partie de la lettre, les médecins déplorent leur non-prise en charge. "Les conditions sanitaires imposées à ces personnes relèv(ent) d'une maltraitance d'État organisée", peut-on lire. "Ce qui s'est passé cette soirée-là et dans les jours qui l'ont précédée est indigne, immoral, inhumain".


 

Et aussi