Le président français Emmanuel Macron a répondu pendant plus de deux heures aux questions du média Brut.
Le président français Emmanuel Macron a répondu pendant plus de deux heures aux questions du média Brut.

Dans une interview donnée vendredi au média vidéo Brut, le président de la République est revenu sur les violences qui ont émaillé le démantèlement du camp de migrants, place de la République, le 23 novembre. Le chef de l’État a dénoncé à demi-mot les bavures des forces de l’ordre sans vouloir "les accabler".

Vendredi 4 décembre, le président, Emmanuel Macron, invité du média Brut, a répondu, entre autres, aux accusations d’actes de violences des forces de police qui ont émaillé le démantèlement du camp de migrants de la place de la République, lundi 23 novembre. 

>> À relire : "Un cap de violence a été franchi" : à Paris, un nouveau camp de migrants brutalement évacué

Pendant plusieurs heures ce soir-là, des dizaines de migrants ont été frappés, sortis violemment de leurs tentes, ciblés par des gaz lacrymogène et pourchassés dans les rues de la capitale. La disproportion de l’usage de la force face à des personnes désarmées et non-violentes a provoqué l’indignation de nombreux élus et associations. 

Face à la caméra de Brut, le chef de l’État a dénoncé à demi-mot les dérives policières de cette soirée. À la question : "Un tel comportement de la police en 2020 est-il normal, monsieur le président ?", Emmanuel Macron n’a pas cherché l’esquive. "Non, ce n’est jamais normal d’avoir des comportements qui ne sont pas à la hauteur des attentes qu’on a", a-t-il déclaré tout en nuançant son propos. "Mais je ne voudrais pas accabler les policiers qui sont intervenus ce soir-là (…) Parce qu’ils sont placés dans des situations extrêmement dures pour lesquelles ils n’ont pas toujours été formés". 


En outre, le président a promis des "sanctions" contre les policiers coupables de délits. Le lendemain du démantèlement, "une procédure a été lancée, une inspection a été demandée par le préfet de police et le ministre (de l’Intérieur)", rappelle le président. "Elle a permis d’identifier des fautes, très clairement. Il y aura donc des sanctions". 

"Beaucoup de gens arrivent et n'auront pas le droit d'asile"

Emmanuel Macron ne regrette pour autant pas l’évacuation de la place de la République. "Est-ce qu’il fallait enlever ces tentes ? Oui. Parce que ce n’est pas normal qu’il y ait des tentes dans les rues en France. On ne peut pas accepter que des hommes et des femmes dorment dans la rue". Le chef de l’État a réitéré sa volonté de mettre à l’abri les milliers de personnes vulnérables qui dorment sans toit en France. La seule solution étant de "les loger", selon lui.

La difficulté de ce relogement réside dans la "pression migratoire qui continue", a déclaré Emmanuel Macron tout en reconnaissant qu’il existe des "lenteurs de procédures" en France qui contraignent des hommes, des femmes et des enfants à dormir "pendant des semaines, des mois" à la rue. 

Le droit d’asile est aujourd’hui "détourné par des réseaux, des trafiquants (...) Beaucoup de gens arrivent et ils n’auront jamais le droit à l’asile parce qu’ils ne viennent pas d’endroits où ils sont menacés, où il y a un conflit politique (…)", explique-t-il pour justifier le nombre élevé de personnes à la rue. "C’est en quelque sorte un contournement du droit d’asile (…) et ça, on doit le stopper".

Le président a, dans le même temps, rappelé son attachement aux valeurs de la République. "Je défendrai jusqu’au bout le droit d’asile", a-t-il insisté.

Au total, entre 400 et 500 migrants ont été brutalement évacués de la place de la République, à Paris, lundi 23 novembre. Il faisait moins de 10 degrés ce soir-là.

 

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