De nombreux jeunes migrants isolés dorment à la rue faute d'hébergement. Crédit : InfoMigrants
De nombreux jeunes migrants isolés dorment à la rue faute d'hébergement. Crédit : InfoMigrants

La ville de Paris va ouvrir avant la fin de l'année une quarantaine de places pour les jeunes migrants en attente de décision de justice pour savoir s'ils sont reconnus mineurs ou majeurs. Beaucoup d'entre eux, faute de prise en charge, finissent à la rue.

La ville de Paris va ouvrir, avec l'Etat, une quarantaine de places d'hébergement pour les jeunes migrants isolés qui attendent que la justice détermine s'ils sont majeurs ou mineurs.

"Ces places qui devraient être disponibles avant la fin de l’année sont destinées à ces jeunes qui sont dans un flou juridique", précise-t-on au service de presse de la Mairie de Paris.

Beaucoup de jeunes, qui disent avoir moins de 18 ans mais qui sont reconnus majeurs par les autorités, vivent en effet à la rue en attendant les procédures de recours. Ils ne sont pas pris en charge par le département et l’ASE, l’aide sociale à l’enfance. Ils accèdent très rarement aux hébergements d’urgence via le 115, tous saturés.

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"Depuis des années, on demandait à l'Etat de prendre en charge les jeunes migrants (…) qui ont fait des recours en justice pour contester leur majorité", a expliqué à l'AFP l'adjointe en charge des droits de l'enfant et de la protection de l'enfance Dominique Versini, confirmant une information de Libération. 

"C'est une première"

Finalement, "l'Etat a entendu notre demande", et un accord pour un financement partagé du dispositif a été trouvé. L'Etat va prendre en charge le fonctionnement. La mairie de Paris fournit le bâtiment, situé dans le 15e arrondissement, et finance une grande part des travaux d'installation, qui se montent à 220 000 euros. "Les associations disent que quarante places, ce n'est pas assez, mais c'est une première et c'est déjà une avancée", insiste l'élue parisienne.

Plusieurs ONG militent depuis des années pour que ces jeunes soient pris en charge comme des mineurs en danger le temps de la procédure judiciaire, qui peut durer entre six et dix-huit mois. Des collectifs parisiens comme Timmy, Utopia 56, les Midie du Mie multiplient les initiatives pour tenter de leur trouver un toit, via des hôtels sociaux ou des réseaux d’hébergement solidaires.

Le 19 novembre, des mineurs et des jeunes majeurs étrangers ont manifesté devant le ministère des solidarités à Paris pour réclamer un hébergement d’urgence surtout à l’approche de l’hiver.

Alhassane, un Guinéen de 16 ans, avait alors confié à InfoMigrants avoir dormi plusieurs nuits dehors près de la gare du Nord. "Je n’avais pas de tente, ni de sac de couchage parce que je ne savais pas où en trouver", a-t-il expliqué. A ses côtés, deux amis, qui disent avoir moins de 18 ans, ne savaient pas non plus où trouver un lit chaud. 

Durant l'été, quelque 70 jeunes migrants dans cette situation s'étaient installés dans un campement en plein centre de Paris, avant d'être évacués.

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Ces quarante places seront ouvertes dans un ancien immeuble de bureaux préempté par la Ville et qui doit être transformé à partir de juin 2022 en logements sociaux. "Après on trouvera d'autres places dans notre parc", a précisé Dominique Versini.

 

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