Le camp de Lipa n'est équipé ni d'électricité, ni d'eau courante. Crédit : OIM
Le camp de Lipa n'est équipé ni d'électricité, ni d'eau courante. Crédit : OIM

L'Union européenne a exhorté mercredi la Bosnie à loger au chaud plus de 3 300 migrants menacés par des températures glaciales, alors que le pays connait une vague de froid. L'UE met en garde les autorités contre une "crise humanitaire".

"La crise humanitaire devient une réalité en raison du manque d'action (...). Nous exhortons les autorités à agir d'urgence pour sauver des vies." Par ces mots, la délégation de l'Union européenne (UE) en Bosnie hausse le ton contre les autorités du pays. 

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Dans la région de Bihac, à la frontière avec la Croatie, où la plupart des migrants sont massés dans l'espoir d'entrer sur le territoire européen, la température descendra à 0°C dans les prochains jours, selon les prévisions météorologiques. Le froid, accompagné de neige, met "sérieusement en danger la vie de plus de 2 000 personnes qui dorment dehors, dans des conditions désastreuses", insiste la délégation dans un communiqué publié mercredi 9 décembre.

Ces personnes vivent soit en forêt, sous des tentes, soit dans des abris de fortune, des bâtiments abandonnés et des squats.

"Rien n'a été prévu pour l'hiver"

Par ailleurs, 1 300 migrants sont logés dans un centre d'accueil à Lipa, près de Bihac, qui n'a pas été préparé pour les conditions hivernales, selon la même source. Le site n'est équipé ni d'électricité, ni d'eau courante.

"Le camp de tentes a été construit pour le printemps et l'été en réponse au Covid-19. Rien n'a été prévu pour l'hiver", signalait déjà fin novembre sur Twitter Peter Van der Auweraert, coordinateur de la mission de l’Organisation internationale pour les Migration (OIM) en Bosnie-Herzégovine. "Une solution alternative est nécessaire rapidement", réclamait-il.

La délégation, qui affirme que les moyens de l'Union européenne mis à la disposition des autorités locales existent, appelle le gouvernement à loger de nouveau un certain nombre de migrants dans un centre d'accueil de Bira, non loin de la ville de Bihac.

Ce centre a été fermé fin septembre par les autorités locales, un mois et demi avant les élections municipales, pour répondre à une pression croissante des habitants. Deux migrants avaient été tués dans des affrontements entre des exilés afghans et pakistanais lors du démantèlement du camp de Bira.

Une baisse de près de 50% des arrivées cette année 

La construction d'un autre centre d'accueil, envisagé à un moment dans la région de Tuzla (nord-est), est également nécessaire afin de loger tout le monde, selon la délégation.

Le ministère bosnien de la sécurité avait indiqué début décembre que plus de 6 600 migrants étaient logés dans plusieurs centres d'accueil, dans la région de Bihac, de Sarajevo et de Mostar (sud).

Depuis 2018, la Bosnie est traversée chaque année par des milliers de migrants fuyant les guerres et la pauvreté dans leurs pays au Proche-Orient, en Asie et en Afrique. Selon les statistiques du ministère de la sécurité, environ 15 000 migrants ont été enregistrés à leur arrivée dans le pays depuis le début de l'année, soit une baisse de près de 50% par rapport à la même période en 2019.

 

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