Des migrants franchissent la barrière entre Melilla et le Maroc (archives). Crédit : Reuters
Des migrants franchissent la barrière entre Melilla et le Maroc (archives). Crédit : Reuters

Les autorités marocaines ont refusé mardi une demande de l'Union européenne, qui souhaitait que Rabat reprenne tous les migrants arrivés illégalement en Europe via le Maroc. Le pays "n'est pas dans une logique de sous-traitance", a répondu le gouvernement.

Le Maroc refuse d'être le pays de renvoi des migrants, toutes nationalités confondues. Lors d'une visite à Rabat début décembre, la Commissaire européenne aux migrations, Ylva Johansson, espérait parvenir à un accord de réadmission avec le Maroc, en échange d'une nouvelle aide financière. En clair, l'Union européenne (UE) souhaitait renvoyer dans le pays tous les migrants arrivés illégalement en Europe via le Maroc, qu'ils soient Marocains ou ressortissants de pays tiers.

Mais cette demande a été rejetée par Rabat. "Le Maroc n'est pas dans une logique de sous-traitance et insiste pour que chaque pays assume sa responsabilité envers ses ressortissants", a répondu par courrier mardi 15 décembre le gouverneur en charge des migrations et du contrôle des frontières au ministère de l'Intérieur, Khalid Zerouali.

Les migrants arrivés aux îles Canaries dans le viseur de l'UE

Les autorités marocaines rappellent par ailleurs qu'elles ont empêché l'entrée en Europe de 32 000 personnes cette année, grâce aux contrôles aux frontières. Cependant, face au renforcement de la surveillance des côtes nord-marocaines, les migrants ont changé de route et tentent désormais d'atteindre l'UE via les îles Canaries (Espagne), situées à 1 400 km au large du royaume chérifien.

Depuis janvier, environ 20 000 migrants ont débarqué dans l'archipel espagnol, soit 10 fois plus que l'an dernier. Selon Ylva Johansson, la moitié aurait transité par le Maroc. Ce sont ces milliers de migrants qui étaient particulièrement visés par l'UE.

Le Maroc réadmet chaque année 15 000 de ses propres citoyens venus de manière clandestine sur le sol européen. Il a également convenu au début des années 1990 d'accepter les migrants de différents pays entrés à Ceuta et Melilla - à condition qu'ils aient pénétré dans les enclaves espagnoles dans les dernières 24 heures.

 

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