À Nantes, quelque 160 personnes migrantes ont été expulsées le 21 décembre 2020 du squat Talensac . Crédit : L'Autre cantine
À Nantes, quelque 160 personnes migrantes ont été expulsées le 21 décembre 2020 du squat Talensac . Crédit : L'Autre cantine

Environ 160 migrants ont été évacués lundi du squat nantais où ils logeaient depuis un an. Certains ont été relogés dans une auberge de jeunesse, d’autres dans des structures d’accueil de la ville. Les associations ne comprennent pas 'l'urgence" de cette "expulsion" à quelques jours de Noël alors que le bâtiment dispose de chauffage et d'électricité.

"Il ne s'agit pas d'une évacuation mais d'une mise à l'abri", a assuré la mairie de Nantes. Lundi 21 décembre, quelque 160 personnes migrantes – principalement originaires d’Érythrée et du Soudan – ont été évacuées vers 7h30 du gymnase de Talensac où elles logeaient depuis près d’un an.

La ville de Nantes, qui a mené l’opération avec la préfecture, a redirigé les migrants vers différents centres d'accueil. "On ne laisse pas les personnes se débrouiller seules", a indiqué Yves Pascouau, élu chargé des migrations, par ailleurs chercheur à l'université de Nantes spécialiste des politiques migratoires en Europe.

Cent vingt personnes dont des familles avec enfants ont été relogées à l'auberge de jeunesse de la Manu, mise à disposition par l'État qui a compétence en matière d'hébergement des demandeurs d'asile et des réfugiés. Les autres personnes, dont des réfugiés statutaires, ont été conduites dans plusieurs dispositifs d'accueil de la ville.


Les associations nantaises d’aide aux exilés, elles, ne comprennent pas les motivations de la mairie et parlent "d'expulsion".

"Le gymnase de Talensac est un bâtiment où il y a le chauffage et l'électricité. Il n'y avait aucune urgence à expulser des personnes qui n'ont pas été prévenues et sont traitées comme des numéros de dossier, à quelques jours de Noël et en pleine crise sanitaire", a réagi sur sa page Facebook l'association L'Autre Cantine, qui accompagne les exilés. "Aucune association n'a été prévenue de cette expulsion."

Sur Facebook, une militante s'indigne de l'évacuation alors "qu'ici (à Talensac) les gens s'étaient organisés une vie et qu'ils ne voulaient pas être expulsés en pleine crise sanitaire".

Le bâtiment devrait à présent "être muré", selon L'Autre Cantine.


 

Et aussi