L'Ocean Viking pourra reprendre la mer début janvier 2021 (photo d'archives). Crédit : SOS Méditerranée
L'Ocean Viking pourra reprendre la mer début janvier 2021 (photo d'archives). Crédit : SOS Méditerranée

Après cinq mois de blocage par les autorités italiennes, le navire humanitaire de l'ONG SOS Méditerranée, Ocean Viking, repartira en mer en janvier 2021 pour reprendre ses opérations de sauvetage. Un "soulagement" pour l'ONG qui estime avoir perdu beaucoup de temps.

L'ONG de secours aux migrants SOS Méditerranée pousse un cri de soulagement. Lundi 21 décembre, elle a annoncé que son navire Ocean Viking allait pouvoir reprendre ses opérations de sauvetage dans les eaux méditerranéennes, après avoir été bloqué pendant cinq mois par les autorités italiennes.

"Après une troisième inspection en cinq mois par les garde-côtes italiens, l'Ocean Viking a été jugé conforme à l'interprétation des règles de sécurité des navires par les autorités italiennes. La détention du navire a donc été levée", a indiqué l'ONG dont le siège est à Marseille dans un communiqué.

L'Ocean Viking va désormais quitter l'Italie et rejoindre Marseille d'ici la fin du mois de décembre pour se réapprovisionner et embarquer les membres des équipes de sauvetage et médicales. Les personnes à bord vont être mises en quarantaine et subir différents tests pour s'assurer de ne pas être positives Covid, avant un départ prévu au cours de la première quinzaine de janvier, indique Sophie Beau, directrice générale de SOS Méditerranée. 

"Nous sommes soulagés que le bateau soit libéré, enfin, et nous sommes déterminés à repartir en Méditerranée centrale après une période très éprouvante pour nos marins sauveteurs", a réagi Sophie Beau, interrogée par InfoMigrants. 

"Mesures de dissuasion visant les navires humanitaires"

Pour pouvoir obtenir l'autorisation de reprendre à mer, SOS Méditerranée a dû se plier aux desiderata des garde-côtes italiens. "On nous a dit de mettre à niveau notre capacité d'abandon du navire en embarquant des radeaux de survie", poursuit Sophie Beau, précisant que ce genre d'embarcation est utilisée comme solution de repli si le navire coule ou prend feu. "On ne nous avait jamais demandé ça. Nous avons dû en acheter 8 nouveaux. Cela nous a pris du temps et nous a coûté plus de 200 000 euros."

Du temps perdu car ces nouvelles mesures de sécurité ont été, de manière paradoxale, prises au détriment de centaines de personnes qui ont, pendant ce temps-là, risqué leur vie en mer, pointe la directrice. 

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"On peut considérer que ces exigences s'inscrivent dans une liste de mesures de dissuasion visant à empêcher les navires humanitaires de naviguer", tacle encore Sophie Beau, alors que cinq autres navires humanitaires sont actuellement bloqués dans différents ports. "Il y a une absence de volonté politique de la part des pays européens de mettre en place un mécanisme pour sauver des vies, c'est très choquant."

L'année 2020 a été marquée par une recrudescence des tentatives de traversée en Méditerranée centrale. Au total, plus de 1 100 migrants, partis pour l'essentiel de Tunisie ou de Libye, ont péri en Méditerranée dont la grande majorité sur cette route centrale, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Mais combien sont morts sans même avoir été répertoriés ?

Pour 2021, SOS Méditerranée a lancé un nouvel appel aux dons citoyens, dans l'espoir de pouvoir "mener à bien [leur] mission vitale". Chaque jour passé en mer pour l'Ocean Viking coûte 14 000 euros à l'ONG.

 

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