Un incendie a complètement détruit le camp de Lipa, en Bosnie. Crédit : Reuters
Un incendie a complètement détruit le camp de Lipa, en Bosnie. Crédit : Reuters

Le camp de Lipa, dans le nord-ouest de la Bosnie, a été complètement détruit mercredi par un incendie probablement "criminel", ont indiqué les autorités. Environ 1 300 migrants, qui y étaient hébergés, se retrouvent désormais à la rue en pleine hiver avec des températures glaciales.

"Jour terrible" pour le camp de Lipa. Dans un tweet, Peter Van der Auweraert, le représentant de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en Bosnie-Herzégovine, ne cache pas son désespoir. 

Le camp de migrants, situé dans le nord-ouest du pays, vient de partir en fumée, ce mercredi 23 décembre. Environ 1 300 migrants y étaient hébergés dans des conditions dramatiques. 

"L'incendie s'est déclaré à 11h. Les pompiers ont réussi à l'éteindre, mais les quatre grandes tentes dans lesquelles les migrants dormaient ont brulé", a déclaré à l'AFP un porte-parole de la police, Ale Siljdedic, précisant qu'il n'y avait pas eu de blessés.

"Un acte criminel"

"Nous supposons qu'il s'agit d'un acte criminel et que des résidents du camp en sont à l'origine", a-t-il poursuivi. Peter Van der Auweraert évoque lui d'"anciens résidents [qui] ont mis le feu à trois tentes et aux conteneurs après que la plupart des migrants ont quitté le camp". 

Les exilés auraient agi en signe de protestation : mis en place en avril dans ce village près de Bihac, le site avait été installé comme une solution temporaire, rien n'étaient prévu pour que ses résidents y passent l'hiver. Le camp incendié n'était pas équipé d'électricité et de chauffage, alors que le pays connaît actuellement une vague de froid. 

"Désastre après désastre", a encore déploré Peter Van der Auweraert de l'OIM.

Des milliers de personnes à la rue

L'agence onusienne, qui gérait ce centre d'accueil, avait récemment annoncé son retrait de la structure en raison des mauvaises conditions de vie des exilés. L'OIM et la Commission européenne exhortaient depuis début décembre les autorités locales à trouver une solution pour héberger ailleurs ces 1 300 personnes, ainsi que quelque 2 000 autres migrants dépourvus de logement dans la région de Bihac, près de la frontière de l'Union européenne.

Avec cet incendie, les résidents se retrouvent à la rue, en plein hiver et alors qu'est prévue une forte baisse de température dans les prochains jours. "Ils vont probablement se diriger vers Bihac (à 30 km au nord-ouest de Lipa, ndlr) et vont occuper des bâtiments abandonnés", a déclaré Ale Siljdedic.

>> À (re)lire : Dans le nord de la Bosnie, les migrants fragilisés par l’arrivée de l’hiver

Les autorités municipales et cantonales de Bihac refusent que l'OIM rouvre l'ancien centre d'accueil à Bihac, dans les halles d'une ancienne usine, malgré une instruction du gouvernement fédéral en ce sens. Il a été fermé peu avant les élections municipales de novembre, pour répondre à une pression croissante des habitants.

"Les autorités compétentes doivent coopérer et agir dans la plus grande urgence pour répondre aux besoins des réfugiés et des migrants sans abris et sauver des vies", a insisté lundi la Commission européenne dans un communiqué.

 

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