Des centaines de migrants sont bloqués dans des bus depuis mardi 29 décembre aux abords du camp de Lipa, en Bosnie. Crédit : REUTERS/Dado Ruvic
Des centaines de migrants sont bloqués dans des bus depuis mardi 29 décembre aux abords du camp de Lipa, en Bosnie. Crédit : REUTERS/Dado Ruvic

Le camp de migrants de Lipa, en Bosnie, devait être évacué mardi, une semaine après avoir été presque totalement détruit par un incendie. Mais les autorités ne sont pas parvenues à se mettre d'accord sur une solution d’hébergement pour ces personnes migrantes. Elles ont dû passer la nuit dans des bus.

Ils devaient être relogés à l’abri du froid, ils ont finalement passé la nuit dans des bus. Et ils s’y trouvaient toujours mercredi 30 décembre. Les quelque 900 résidents du camp de Lipa – en bonne partie détruit par un incendie le 23 décembre – avaient été invités la veille à rassembler leurs affaires et à monter dans des bus qui devaient les emmener vers un centre d’hébergement, au sud de Sarajevo.

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Ces hommes seuls – originaires de pays africains, du Moyen-Orient mais aussi d’Asie centrale – vivaient depuis des jours dans des conditions inhumaines, dans le froid et la neige sous une grande tente blanche épargnée par l’incendie.

Mardi, les bus à bord desquels ils ont pris place n’ont jamais pu quitter les abords du camp de Lipa. La faute à un blocage politique qui a empêché les autorités de s’accorder sur l’accès au nouveau lieu d’hébergement.

Protestation de la population

Le ministre bosnien de la sécurité Selmo Cikotic avait déclaré mardi que les personnes migrantes devaient être envoyées vers une caserne militaire, dans la ville de Bradina, à 320 km de Lipa. Mais le ministre des Finances Vjekoslav Bevanda a contesté cette information, affirmant qu’aucun accord n’avait été passé en ce sens.

Des résidents de Bradina se sont par ailleurs rassemblés devant le site militaire censé servir de solution temporaire d’hébergement pour protester contre l’arrivée des exilés.

Peter Van der Auweraert, le représentant de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a tweeté mardi soir plusieurs photos des personnes installées dans les bus, indiquant que l’OIM et le Danish Refugee Council leur apportaient de l’aide humanitaire.

"Je suis fier et reconnaissant aux équipes de l’OIM et du Danish Refugee Council qui vont passer la nuit avec [les personnes migrantes] mais comment diable en sommes-nous arrivés à cette situation ?", a-t-il déclaré sur le réseau social.

Mercredi à la mi-journée, la situation était toujours bloquée et les 900 exilés restaient coincés dans la vingtaine de bus présents sur place. "Le temps pour trouver une solution avant la tombée de la nuit s’écoule à toute vitesse", a mis en garde Peter Van der Auweraert.

Un hébergement dans la caserne de Bradina ne serait de toute façon qu’une solution provisoire. La chaîne de télévision N1 s’est rendue sur place et rapporte dans un article publié sur son site que le bâtiment n’a "ni chauffage, ni douches". Par ailleurs, il ne comporte que 37 chambres, selon la chaîne.

10 000 personnes bloquées en Bosnie

Environ 10 000 personnes migrantes se trouvent bloquées en Bosnie-Herzégovine alors qu’elles cherchent à se rendre en Europe de l’ouest. Le camp de Lipa, situé à 25 kilomètres de la ville de Bihac, avait été ouvert au printemps dernier et ne devait être qu’une solution temporaire d’hébergement pour la période estivale.

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Le gouvernement central de Bosnie voulait que les migrants soient hébergés dans le camp de Bira à Bihac, qui a été fermé en octobre, mais les autorités locales avaient refusé, estimant que d'autres zones de la Bosnie devraient également accueillir des personnes migrantes.

L'Union européenne, qui a déjà soutenu la Bosnie-Herzégovine à hauteur de 60 millions d'euros pour gérer la crise migratoire et a promis 25 millions d'euros de plus au pays, a demandé à plusieurs reprises aux autorités de trouver une alternative au camp de Lipa.

 

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