Début janvier, près d'un millier de personnes vivent toujours dans le camp de Lipa, détruit lors d'un incendie fin décembre, malgré le froid et la pluie. Crédit : Reuters
Début janvier, près d'un millier de personnes vivent toujours dans le camp de Lipa, détruit lors d'un incendie fin décembre, malgré le froid et la pluie. Crédit : Reuters

Ces fonds doivent permettre de faire face au "désastre humanitaire" que vivent les personnes migrantes en Bosnie, a souligné Bruxelles. La Commission européenne appelle notamment à reconstruire le camp de Lipa, détruit fin décembre par un incendie.

Face aux conditions de vie inacceptables des personnes migrantes en Bosnie-Herzégovine, l’Union européenne (UE) a accru de 3,5 millions d’euros son assistance humanitaire dans le pays.

Ces fonds supplémentaires, destinés à "aider les réfugiés et migrants vulnérables confrontés à un désastre humanitaire", s'ajoutent à 4,5 millions d'euros alloués par Bruxelles en avril 2020, a précisé la Commission européenne dans un communiqué.

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"La situation dans le canton de Una Sana est inacceptable […] Les autorités locales doivent mettre à disposition les installations existantes et fournir une solution temporaire jusqu'à ce que le camp de Lipa soit reconstruit en une installation permanente […] Nous demandons instamment aux autorités de ne pas laisser les gens dehors dans le froid, sans accès aux installations sanitaires, au beau milieu d'une pandémie mondiale", a souligné le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, cité dans le communiqué de la Commission européenne.

Centre temporaire

Depuis l’incendie du camp de Lipa le 23 décembre, un millier d’exilés vivent sans-abri dans le froid et la pluie ou la neige. Gestionnaire du camp, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) l’avait quitté estimant qu’il n’était pas adapté au climat hivernal.

En effet, le site n'avait jamais été raccordé au réseau électrique et n'avait pas d'eau courante.

La Commission et l'OIM réclament la réouverture temporaire, pendant l'hiver, d'un centre dans la petite ville frontalière de Bihac, mais les autorités municipales et cantonales s'y opposent.

"L'UE aide nous"

Fermé fin septembre, sous la pression des habitants, le centre de Bira pourrait accueillir 2 000 personnes. Mais même le gouvernement fédéral, qui réclamait aussi sa réouverture, y a renoncé, a déclaré dimanche le ministre bosnien de la Sécurité, Selmo Cikotic, lors d'une visite du camp Lipa.

Déplorant les "conditions cruelles" pour plusieurs centaines de personnes restées sur le site après l'incendie, Selmo Cikotic a annoncé la reconstruction du camp.

Le camp de Lipa devait être évacué la semaine dernière mais un blocage politique a empêché les personnes migrantes de quitter le lieu en ruines. Après 24 heures passées dans des bus à attendre leur départ, ils ont dû regagner le camp délabré.

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Révoltés par cette situation, plusieurs centaines de migrants ont protesté dimanche lors de la visite du ministre, par une forte pluie, contre les conditions de vie et les solutions proposées.

"Nous voulons justice !", "L'UE aide-nous!", ont-ils scandé, selon les médias locaux. Ils ont également refusé pour la troisième journée consécutive le repas qui leur a été proposé par une ONG locale et la Croix-Rouge.

 

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